Le projet de fer de Baniaka poursuit sa structuration avec la signature d’un protocole d’entente entre Ressources Minières d’Afrique Centrale (REMINAC), filiale gabonaise de l’australien Genmin, et l’armateur danois NORDEN. Si cet accord concerne principalement la logistique maritime et ne génère pas, à ce stade, de recettes directes pour l’État, il constitue une étape importante pour la future évacuation du minerai.
Selon une estimation publiée par nos confrères de TV+ Afrique, les retombées fiscales et minières de la première phase du projet pourraient atteindre environ 40 milliards de FCFA par an, sous réserve de la réalisation des hypothèses de production, de prix et de rentabilité retenues.
Genmin prévoit initialement une production de 5 millions de tonnes de minerai de fer par an, avec une montée en puissance pouvant porter la capacité à 10 millions de tonnes. Sur la base d’un prix indicatif de 95 dollars la tonne pour un minerai à 62 % de fer, les ventes de la première phase représenteraient environ 475 millions de dollars, soit près de 270 milliards de FCFA.
Cette valeur commerciale ne constitue toutefois pas une recette pour le Trésor public. L’État bénéficierait notamment d’une redevance minière de 5 %, qui pourrait représenter autour de 13,5 milliards de FCFA par an sur cette base. À cela pourrait s’ajouter l’impôt sur les bénéfices, dont le montant dépendra des coûts réels d’exploitation, des amortissements, des charges financières et du régime fiscal applicable.
Le Gabon détient également une participation gratuite de 10 % dans le projet, susceptible de générer des dividendes lorsque l’exploitation sera rentable et que des distributions seront décidées.
Le montant de 40 milliards de FCFA constitue donc un ordre de grandeur, et non une recette garantie. Il dépendra notamment du prix du fer, du niveau de production et des coûts d’exploitation. Si Baniaka atteint à terme 10 millions de tonnes par an dans des conditions économiques comparables, les recettes publiques pourraient mécaniquement augmenter.
L’accord avec NORDEN apparaît ainsi comme un maillon logistique d’un projet dont les retombées budgétaires dépendront surtout du passage à une production effective et de la capacité à exporter durablement le minerai.






