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VALORISER LE PATRIMOINE NATUREL ET DÉVELOPPER UN ÉCOTOURISME DURABLE

Les acteurs publics, privés et associatifs misent désormais sur l’écotourisme, la formation, l’implication des communautés locales et l’amélioration des infrastructures afin de valoriser le patrimoine naturel. C’est ce qui ressort de la table ronde « Gabon, terre nature »,
organisée jeudi 17 juillet 2026 à l’Institut français de Libreville.

Cet événement, qui a réuni le secrétaire exécutif de l’Agence nationale des parcs nationaux (ANPN), Omer Ntougou Ndoutoume, le directeur pays de la Wildlife Conservation Society (WCS), Gaspard Abitsi, ainsi que Mme Tchibinda, consultante en développement territorial et
cofondatrice de l’agence OREMA Tourisme Gabon, a permis de mettre en lumière les mécanismes susceptibles de rendre le tourisme davantage accessible à la population et de transformer le capital naturel en véritable levier de développement économique.

Pour le ministère du Tourisme et de l’Artisanat, la transformation du potentiel naturel gabonais en opportunités économiques constitue désormais une priorité. Aristide Kassangoye Kaas, conseiller technique du ministre du Tourisme et de l’Artisanat, rappelle que « le gouvernement a retenu le secteur du tourisme comme l’un des piliers de la croissance et de la diversification de l’économie ».

Cette ambition est traduite dans la Stratégie nationale de développement du tourisme et de dynamisation de l’artisanat. Celle-ci s’appuie sur trois segments : l’écotourisme, considéré comme le segment leader, le tourisme culturel, ainsi que le tourisme d’affaires, d’événements et de congrès. Dans cette stratégie, les parcs nationaux constituent l’un des principaux supports de l’écotourisme gabonais. Leur richesse repose notamment sur la diversité des milieux qu’ils abritent. « Les parcs nationaux du Gabon concentrent une grande partie des écosystèmes du bassin du Congo, qu’il s’agisse des écosystèmes forestiers ou savanicoles », a souligné le secrétaire exécutif de l’ANPN, Omer Ntougou Ndoutoume.

Cinq parcs nationaux ont ainsi été retenus comme sites pilotes. Il s’agit de Pongara, Loango, Moukalaba-Doudou, Lopé et Ivindo, ce dernier étant classé au patrimoine mondial de l’UNESCO. L’objectif est d’y expérimenter un modèle de tourisme durable reposant sur trois dimensions : la préservation écologique, le développement économique et l’implication des populations locales.

Des infrastructures à renforcer.

La valorisation de ces espaces naturels passe toutefois par l’amélioration des conditions d’accès et d’accueil. Le directeur pays de la Wildlife Conservation Society (WCS), Gaspard Abitsi, indique que l’accent doit être mis sur des investissements concrets. « L’accès aux sites, leur signalisation et leurs équipements constituent encore des enjeux importants », a-t-il relevé. Il cite notamment le cas du parc d’Ivindo, où les visiteurs peuvent rencontrer des difficultés pour identifier l’entrée du parc ou circuler à l’intérieur du site. « Il n’existe pas toujours, non
plus, de voies suffisamment aménagées à l’intérieur des parcs pour accéder aux différents produits touristiques », constate-t-il.

Routes, ponts, camps pour les éco-guides et autres infrastructures doivent donc accompagner le développement de l’offre touristique. Au-delà des équipements, le cadre juridique devra également favoriser la mobilisation des capitaux nécessaires à ces
investissements. Pour la WCS, la mise en place de partenariats public-privé constitue, à ce titre, un outil permettant d’inscrire les investissements dans la durée, avec des mécanismes contractuels clairs concernant les responsabilités et le partage des risques.

Former les compétences locales.

Le développement d’une offre touristique durable suppose également de disposer de compétences adaptées aux besoins du secteur. La formation apparaît ainsi comme un autre levier de structuration de la filière, notamment pour permettre aux jeunes d’accéder aux
métiers générés par le développement de l’écotourisme.

Cette préparation concerne aussi bien la gestion touristique que l’hôtellerie, la restauration, l’accompagnement des visiteurs ou encore les autres activités spécialisées liées à la valorisation des sites naturels. Pour Mme Tchibinda, cette question de la formation dépasse d’ailleurs la seule insertion professionnelle. « La valorisation du secteur peut générer des retombées en matière d’investissement et de visibilité, mais cela nécessite aussi que le secteur soit correctement structuré », souligne-t-elle. La structuration de la filière apparaît ainsi comme une condition essentielle pour faire du patrimoine naturel gabonais non seulement un espace à préserver, mais également une source durable d’activités économiques et d’opportunités pour les populations locales.

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