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jeudi, août 6, 2026
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TRANSPORT AERIEN : LES 80 MILLIARDS DE FCFA QUI RELANCENT LE DEBAT SUR LA GOUVERNANCE DU CIEL GABONAIS

Pour de nombreux Gabonais, prendre l’avion est devenu un luxe plus qu’un simple moyen de transport. Entre le coût des billets et la multiplication des taxes et redevances, les déplacements aériens pèsent de plus en plus sur le budget des voyageurs comme sur celui des entreprises. Dans ce contexte, une analyse relayée par nos confrères de Gabon Media Time, à partir d’éléments communiqués par FLYGABON, remet en lumière un sujet qui dépasse désormais la seule question du prix des billets : celui de la gestion des ressources générées par le transport aérien au Gabon. Selon les estimations de la compagnie nationale, les différentes redevances appliquées au secteur pourraient représenter 80,231 milliards de FCFA par an. Un chiffre qui interpelle autant par son importance que par les interrogations qu’il soulève sur son utilisation.

Des milliards collectés, mais comment sont-ils répartis ?

Au-delà du montant global, c’est la ventilation de ces recettes qui alimente aujourd’hui le débat. Dans son analyse, FLYGABON estime que près de 77 % des redevances bénéficieraient à plusieurs opérateurs intervenant dans la gestion des infrastructures et de la sûreté aéroportuaire, tandis qu’environ 22 % reviendraient à des organismes publics gabonais. Toujours selon ces estimations, GSEZ percevrait 37,7 milliards de FCFA, soit près de la moitié des recettes attendues. Securiport bénéficierait de 16,4 milliards de FCFA et Westminster de 7,3 milliards de FCFA. Les organismes publics gabonais se partageraient, quant à eux, 18,6 milliards de FCFA, répartis entre l’ONSFAG (9,5 milliards), l’ANAC (8 milliards) et l’ASSAC (1,1 milliard). Ces données correspondent aux projections présentées par FLYGABON. Elles n’ont pas, à ce stade, fait l’objet d’un audit indépendant ni de réactions publiques de l’ensemble des entités concernées.

Au-delà des chiffres, la question de la transparence

Les redevances aéroportuaires ne sont pas une particularité gabonaise. Elles permettent notamment de financer la sécurité des plateformes, les infrastructures ou encore les services liés à l’exploitation du transport aérien. La question soulevée par FLYGABON porte davantage sur la répartition de ces ressources et sur la visibilité offerte aux différents acteurs quant à leur utilisation. Pour la compagnie, une clarification des mécanismes de perception et d’affectation de ces recettes contribuerait à mieux comprendre les investissements réalisés et les contreparties associées aux différents opérateurs.

Le coût de la future aérogare s’invite également dans le débat

Autre point mis en avant par FLYGABON : le projet de nouvelle aérogare de l’aéroport international de Libreville. Selon la compagnie, le coût estimé de cette infrastructure atteindrait désormais 259 milliards de FCFA, après plusieurs réévaluations intervenues depuis 2018. Là encore, FLYGABON estime qu’une communication plus détaillée sur la composition de cet investissement, son mode de financement et les engagements associés permettrait d’apporter davantage de lisibilité à un projet appelé à structurer durablement le paysage aéroportuaire national. Trouver le bon équilibre La réflexion engagée dépasse finalement la seule question des redevances. Elle renvoie à un enjeu plus large : celui du financement d’un secteur stratégique pour l’économie gabonaise. Comment moderniser les infrastructures aéroportuaires sans compromettre la compétitivité des compagnies aériennes ? Comment garantir la sécurité des plateformes tout en maintenant des coûts supportables pour les passagers ? Et surtout, comment s’assurer que les ressources générées par le transport aérien contribuent pleinement au développement du secteur ?

Autant de questions qui méritent un débat ouvert entre les autorités, les opérateurs et les compagnies aériennes.

En attendant d’éventuelles prises de position des autres acteurs concernés, les chiffres avancés par FLYGABON ont au moins le mérite de replacer au premier plan une problématique essentielle : celle de la gouvernance économique du transport aérien gabonais. Car derrière les montants annoncés, c’est bien la capacité du pays à concilier performance économique, transparence et souveraineté qui est aujourd’hui au cœur des discussions.

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