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jeudi, août 6, 2026
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LE CORRIDOR DOUALA-BANGUI S’APPRETE A CHANGER DE DIMENSION GRACE A UN VASTE INVESTISSEMENT DE LA BANQUE MONDIALE

Pour des milliers de transporteurs, d’entreprises et de commerçants, parcourir la route reliant Douala à Bangui relève souvent du parcours d’obstacles. Dégradations de la chaussée, lenteurs administratives et multiples contrôles prolongent considérablement les délais d’acheminement des marchandises, avec un impact direct sur les coûts du commerce régional.

Cette situation pourrait progressivement appartenir au passé. La Banque mondiale vient de donner le coup d’envoi à la première phase d’un ambitieux programme destiné à moderniser ce corridor stratégique, considéré comme l’un des plus importants d’Afrique centrale.

Plus d’un demi-milliard de dollars pour lancer les travaux

La première étape du programme mobilise un financement de 525 millions de dollars. Sur cette enveloppe, 425 millions de dollars seront consacrés aux infrastructures camerounaises, tandis que 90 millions de dollars bénéficieront à la République centrafricaine. La Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) recevra également un appui destiné à accompagner la coordination régionale du projet. Cette phase s’inscrit dans un programme beaucoup plus vaste, dont le financement global atteint 1,12 milliard de dollars, approuvé en juin dernier par l’institution financière internationale.

Une route essentielle au commerce de toute la sous-région

S’étendant sur plus de 1 400 kilomètres, le corridor Douala-Bangui constitue le principal trait d’union économique entre le port de Douala et les pays enclavés de la sous-région. Pour la République centrafricaine, cette route représente la principale voie d’approvisionnement du pays. Une très large majorité des importations y transite avant de rejoindre Bangui. Le corridor joue également un rôle majeur pour le Tchad, dont une part importante des marchandises emprunte le même itinéraire. Malgré cette importance stratégique, l’état des infrastructures pénalise fortement les échanges. Entre les portions de route détériorées et les nombreux points de contrôle, un trajet entre Douala et Bangui peut aujourd’hui nécessiter jusqu’à une douzaine de jours.

Moderniser les infrastructures et fluidifier le transport

L’essentiel des investissements concernera le territoire camerounais, où plusieurs tronçons feront l’objet de travaux de reconstruction ou de réhabilitation. Parmi les chantiers programmés figurent notamment la remise à niveau de l’axe reliant Yaoundé à Douala ainsi que la réhabilitation de plusieurs sections stratégiques entre Yaoundé, Ayos, Bonis et Bertoua. L’objectif est d’offrir une circulation plus rapide, plus sûre et mieux adaptée au transport des marchandises à destination de la République centrafricaine. Au-delà des travaux routiers, le projet prévoit une profonde modernisation des dispositifs de contrôle. Des équipements automatiques permettront de mesurer la charge des poids lourds afin de limiter la surcharge des véhicules, souvent responsable de la dégradation prématurée des chaussées. Les procédures de contrôle seront également davantage numérisées, avec l’identification automatisée des camions nécessitant une inspection et un traitement électronique des éventuelles sanctions. Cette digitalisation devrait contribuer à améliorer la transparence tout en réduisant les délais d’attente.

Un levier de croissance pour l’économie régionale

Au-delà des infrastructures, ce programme est présenté comme un véritable outil d’intégration économique pour l’Afrique centrale. La Banque mondiale estime que les travaux pourraient générer entre 2 000 et 4 000 emplois, directs et indirects, pendant leur réalisation. Les opérations de maintenance des infrastructures devraient ensuite permettre la création de plusieurs centaines d’emplois supplémentaires chaque année. Mais les bénéfices attendus dépassent largement la seule question de l’emploi. En facilitant la circulation des marchandises, le corridor modernisé devrait contribuer à réduire les coûts logistiques, raccourcir les délais de transport et renforcer la compétitivité des entreprises opérant dans la sous-région.

Vers une intégration économique plus efficace

À travers ce projet, les États d’Afrique centrale et leurs partenaires financiers cherchent à répondre à l’un des principaux défis du commerce régional : disposer d’infrastructures capables d’accompagner la croissance des échanges. L’amélioration du corridor Douala-Bangui ne constitue donc pas uniquement un chantier routier. Elle représente un investissement stratégique destiné à renforcer les connexions entre les économies de la sous-région, à sécuriser les chaînes d’approvisionnement et à favoriser une intégration économique plus fluide entre le Cameroun, la République centrafricaine et, au-delà, l’ensemble de l’espace CEMAC.

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