Alors que le prix moyen de l’or a atteint 4 873 dollars l’once au premier trimestre 2026, les exportations gabonaises d’or brut ont chuté de 75 %. Un contraste qui interroge la capacité du Gabon à transformer son potentiel aurifère en valeur économique.
Un recul malgré des cours record
Les exportations gabonaises d’or brut ont reculé de 75 % au premier trimestre 2026, selon les données de la Direction générale de l’Économie et de la Politique fiscale. Cette baisse intervient dans un contexte pourtant favorable sur les marchés internationaux. Le prix moyen de l’or s’est établi à 4 873 dollars l’once, contre 2 860 dollars un an plus tôt.
Le métal jaune avait même atteint un sommet de 5 405 dollars l’once en janvier 2026. Le recul des exportations gabonaises ne peut donc pas être expliqué par une dégradation des cours mondiaux.
Il convient toutefois de distinguer exportations et production. La baisse de 75 % concerne les volumes exportés et ne signifie pas automatiquement que la production aurifère nationale a diminué dans les mêmes proportions. Les données disponibles ne permettent pas encore d’identifier avec certitude les causes précises de cette contraction.
Un recul dans un contexte commercial difficile
La contre-performance de l’or s’inscrit dans un ralentissement plus large du commerce extérieur gabonais. Les exportations nationales ont reculé de 34,5 % sur les trois premiers mois de l’année. Les ventes de pétrole brut ont diminué de 37,5 %, tandis que les principaux partenaires commerciaux ont également réduit leurs achats. L’or affiche néanmoins une baisse particulièrement marquée.
Le défi de la diversification minière
Cette situation intervient alors que le Gabon cherche à renforcer le poids du secteur minier dans son économie et à réduire sa dépendance au pétrole. La performance de l’or pose ainsi la question de la capacité du pays à mieux exploiter, commercialiser et valoriser cette ressource.
Le véritable enjeu dépasse donc les volumes extraits. Il concerne également la traçabilité, la commercialisation et la part de valeur effectivement captée par l’économie nationale.
L’or vaut cher sur les marchés mondiaux. Reste désormais à savoir quelle part de cette richesse le Gabon parvient réellement à transformer en recettes, investissements et valeur ajoutée locale.






