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vendredi, août 21, 2026
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POULET DE CHAIR : LE GABON ACCELERE POUR REDUIRE SA DEPENDANCE AUX IMPORTATIONS

À moins de cinq mois de l’échéance fixée au 1er janvier 2027, le Gabon intensifie les opérations destinées à renforcer sa production avicole. Entre l’accompagnement de 150 fermes, la commande de 562 400 poussins et 2 350 tonnes de provende et des investissements privés annoncés à près de 775 milliards de FCFA, le pays cherche à faire émerger une filière capable de répondre davantage à la demande nationale.

Le dispositif entre dans sa phase opérationnelle

Le calendrier se resserre pour la filière avicole gabonaise. Le gouvernement prévoit la fin des importations de poulet de chair à compter du 1er janvier 2027, une orientation annoncée dans le cadre de sa politique de souveraineté alimentaire.

Après plusieurs mois consacrés à la préparation du secteur, le dispositif entre désormais dans une phase opérationnelle avec la mise en œuvre du Plan opérationnel d’urgence de la filière avicole (POUFA).

Le ministère de l’Agriculture et de l’Élevage et la Centrale d’achat du Gabon (CEAG) ont franchi une nouvelle étape avec la sélection de 150 fermes avicoles devant bénéficier du dispositif. Une première commande porte sur 562 400 poussins d’un jour, 2 350 tonnes de provende ainsi que des produits vétérinaires. Les premières livraisons sont annoncées pour septembre, puis novembre 2026.

Le dispositif doit ainsi permettre aux exploitations retenues de disposer des intrants nécessaires à leurs cycles de production, à quelques mois de l’échéance gouvernementale. Une filière appelée à changer d’échelle

L’opération ne constitue toutefois qu’un volet d’un programme plus large de développement de l’aviculture.

En mai 2026, le ministère de l’Agriculture indiquait que cinq conventions d’investissement avaient été signées dans le secteur, pour un montant annoncé de près de 775 milliards de FCFA. Ces projets doivent contribuer, à terme, à porter la capacité de production nationale à près de 130 000 tonnes de poulet de chair par an.

Ces investissements donnent une nouvelle dimension à la stratégie engagée par les autorités. L’objectif n’est plus uniquement de soutenir les élevages existants, mais de faire évoluer progressivement l’aviculture vers une activité industrielle capable de produire à plus grande échelle.

La commande d’intrants destinée aux 150 fermes intervient ainsi comme une mesure immédiate, tandis que les investissements annoncés doivent contribuer à renforcer les capacités de production sur un horizon plus long.

Une dépendance extérieure encore importante

Le défi reste considérable. Les données disponibles sur la consommation et la production nationales ne sont pas totalement homogènes selon les périodes et les sources.

Des données récemment communiquées par des acteurs de la filière estiment la demande nationale de poulet de chair à environ 100 000 tonnes par an, contre une production locale autour de 5 000 tonnes. Ces chiffres traduisent une forte dépendance du marché gabonais aux importations.

D’autres données communiquées par le gouvernement en 2025 faisaient état d’environ 55 000 tonnes de poulet importées chaque année, pour une production nationale estimée à environ 4 000 tonnes.

Ces écarts statistiques invitent à la prudence, mais ils convergent sur un constat : la production nationale demeure aujourd’hui insuffisante pour couvrir l’ensemble des besoins du marché.

C’est précisément cette dépendance que le gouvernement entend réduire avec la montée en puissance de la filière locale.

Le véritable enjeu : produire suffisamment et à un coût compétitif

La fin programmée des importations constitue une opportunité pour les producteurs locaux. Elle leur ouvre potentiellement une part de marché aujourd’hui occupée par les produits importés.

Mais cette évolution pose également une question centrale : la production nationale pourra-t-elle répondre aux besoins du marché dans des conditions de prix et de régularité acceptables ?

La disponibilité des poussins, de l’alimentation animale et des produits vétérinaires constitue un premier enjeu. À cela s’ajoutent les capacités d’élevage, d’abattage, de conservation et de distribution.

Le développement de ces différents maillons sera déterminant pour éviter que l’augmentation de la production ne reste limitée à quelques exploitations ou ne se traduise par une offre insuffisamment régulière.

Pour les consommateurs, le prix constituera également un indicateur majeur. L’augmentation de la production locale devra permettre de renforcer l’offre sans créer un écart de prix trop important avec les produits qui étaient jusque-là disponibles sur le marché.

Du soutien d’urgence à la structuration d’une filière.

Le POUFA répond ainsi à une urgence : donner aux producteurs les moyens de lancer ou de poursuivre leurs cycles d’élevage avant l’échéance de janvier 2027.

Mais la réussite de la politique avicole se mesurera au-delà de cette première opération. La question sera de savoir si les investissements annoncés permettront d’installer durablement une chaîne de valeur capable de produire, transformer et distribuer localement.

Les 775 milliards de FCFA d’investissements annoncés constituent à ce titre un signal important. S’ils se concrétisent selon les objectifs présentés par les autorités, ils pourraient modifier sensiblement la capacité productive du secteur et rapprocher le Gabon de son objectif de réduction de la dépendance aux importations.

Le 1er janvier 2027 comme premier test

Le rendez-vous du 1er janvier 2027 sera donc un premier test pour cette stratégie.

D’ici là, l’enjeu sera de faire passer les différents projets et dispositifs du stade de l’annonce à celui de la production effective. Les 150 fermes accompagnées dans le cadre du dispositif d’urgence représentent une première étape, tandis que les investissements de plus grande ampleur doivent préparer la transformation structurelle de la filière.

Pour le Gabon, la question n’est désormais plus seulement de réduire les importations de poulet. Il s’agit de construire une filière avicole suffisamment productive, structurée et compétitive pour prendre durablement une place plus importante sur le marché national.

L’échéance de 2027 donnera une première indication de la capacité du pays à transformer sa stratégie de souveraineté alimentaire en résultats concrets.

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