L’activité de Vaalco Energy au Gabon évolue dans un contexte contrasté. La mise en service d’un nouveau puits de gaz sur le champ Etame devrait permettre au groupe de réduire ses coûts d’exploitation et d’améliorer l’efficacité de ses opérations. En revanche, les performances du puits Bodi 58 et les résultats décevants d’un forage d’exploration ont conduit l’entreprise à ajuster ses prévisions de production.
Vaalco Energy maintient le cap au Gabon, tout en réévaluant ses perspectives de production. Lors de la présentation de ses résultats du deuxième trimestre 2026, le groupe pétrolier américain a mis en avant les avancées enregistrées sur le champ Etame, mais aussi les difficultés rencontrées sur certains de ses actifs. L’enjeu pour Vaalco est désormais double : réduire ses coûts d’exploitation tout en améliorant la prévisibilité de sa production pétrolière et gazière.
Le gaz pour alléger les coûts
La principale avancée enregistrée au Gabon concerne la mise en service, fin juillet, d’un nouveau puits de gaz destiné à alimenter les installations du champ Etame. Cette mise en production doit permettre à Vaalco de remplacer progressivement le diesel utilisé pour la production d’électricité par du gaz naturel. Le groupe espère ainsi réduire sensiblement ses dépenses énergétiques.
Selon Ron Bain, directeur financier de Vaalco Energy, les économies brutes attendues sont estimées entre 500 000 et 600 000 dollars par mois, dont environ 60 % devraient revenir à Vaalco. Les premiers effets financiers sont attendus dès le mois d’août.
L’utilisation du gaz devrait également améliorer le fonctionnement du système de gas lift et renforcer la fiabilité de la turbine. Pour George Maxwell, directeur général de Vaalco, cette évolution pourrait contribuer à améliorer simultanément la production et l’efficacité opérationnelle du champ.
Bodi 58 complique les prévisions
Si le volet gazier apporte des perspectives favorables, la situation du puits Bodi 58 apparaît plus préoccupante. Le puits avait démarré avec une production supérieure à 8 000 barils bruts de pétrole par jour, avant de voir sa teneur en eau augmenter beaucoup plus rapidement que prévu. Cette évolution traduit, selon la direction de Vaalco, une connectivité du réservoir plus importante qu’anticipé. Le groupe travaille désormais à une nouvelle modélisation de la structure du puits afin de mieux comprendre son comportement et d’améliorer la prévisibilité des volumes produits. La performance de Bodi 58 a contribué à la révision à la baisse des prévisions de production de Vaalco au Gabon. L’entreprise estime toutefois que la production du puits devrait désormais se stabiliser autour de ses niveaux actuels.
Une nouvelle modélisation géologique doit être achevée dans un délai de quatre à cinq mois. Elle devrait permettre au groupe de mieux évaluer le potentiel restant du réservoir.
L’exploration confrontée à un revers
La campagne d’exploration menée au Gabon n’a pas non plus livré tous les résultats espérés. Un puits foré dans l’ouest du pays a rencontré des sables aquifères et n’a pas été considéré comme commercial. Vaalco a donc procédé à son bouchage et à son abandon. Le groupe ne ferme toutefois pas la porte à de nouvelles opportunités. L’analyse des données recueillies lors des opérations se poursuit, notamment sur certains intervalles moins profonds d’un récent puits de gaz. Des indices d’hydrocarbures y ont été observés. Ces zones n’étaient pas ciblées par le forage initial, mais pourraient faire l’objet d’une nouvelle évaluation si les analyses confirment leur intérêt potentiel.
Le H2S sous contrôle
Sur le plan de la sécurité et de la continuité des opérations, Vaalco affirme également maîtriser la présence de H2S sur certains puits existants. La société utilise des injections en fond de puits et en surface afin de contrôler ce phénomène. Les performances des agents de piégeage utilisés seraient, selon le groupe, supérieures aux prévisions. Cette maîtrise permet à Vaalco de poursuivre ses opérations tout en travaillant sur les conséquences du comportement du puits Bodi 58.
Des volumes revenant à l’État appelés à rester faibles
La structure des coûts demeure par ailleurs un élément important dans les perspectives de Vaalco au Gabon. Le groupe estime que les investissements consacrés au forage et les charges d’exploitation maintiendront le coût de production du pétrole gabonais à un niveau élevé jusqu’en 2027. Dans ce contexte, les volumes de pétrole revenant à l’État devraient rester limités à court terme. Avec une hypothèse de prix du Brent à long terme autour de 70 dollars le baril, Ron Bain estime que les volumes destinés à l’État gabonais seront particulièrement faibles en 2026 et 2027. Cette situation illustre le poids des coûts d’exploitation et d’investissement dans l’équilibre économique des activités pétrolières au Gabon.
Le Gabon reste au cœur de la stratégie
Malgré les incertitudes entourant certains puits, Vaalco Energy continue de considérer le Gabon comme un actif stratégique.
Le groupe entend désormais capitaliser sur la mise en service du nouveau puits de gaz, l’optimisation du champ Etame et la réduction de ses coûts énergétiques. En parallèle, les travaux de modélisation géologique doivent permettre de mieux cerner le potentiel des réservoirs et de sécuriser les prochaines décisions d’investissement. Pour Vaalco, l’enjeu des prochains mois sera donc de transformer ces leviers d’optimisation en gains de production et de rentabilité. Le groupe poursuit ainsi ses activités au Gabon dans une logique d’ajustement : réduire les coûts, mieux maîtriser les réservoirs et améliorer la prévisibilité des volumes, tout en maintenant ses ambitions sur le champ Etame.






