Plus de 700 milliards de FCFA de travaux revendiqués dès 2024, plusieurs centaines de kilomètres de routes, l’aéroport international d’Andem et le projet Libreville 2 : en moins de trois ans, EBOMAF s’est imposé comme un acteur majeur des grands travaux au Gabon. Mais le montant global des contrats, leurs modalités d’attribution et leur financement restent difficiles à reconstituer.
Le chiffre de référence vient d’EBOMAF. Le 30 août 2024, le groupe de Mahamadou Bonkoungou annonçait que ses travaux en cours au Gabon dépassaient 1,2 milliard de dollars, soit plus de 700 milliards de FCFA.
Depuis, plusieurs projets routiers ont été lancés ou poursuivis, notamment Ntoum-Cocobeach, Lébamba-Mbigou, Mbigou-Malinga-Molo, Yombi-Mandji-Carrefour Rabi et Carrefour Rabi-Omboué, auxquels s’ajoutent Andem et Libreville 2.
Une facture difficile à consolide
Sur Ntoum-Cocobeach, une enveloppe de 100 milliards de FCFA a été annoncée en juillet 2025 dans le cadre d’une convention entre l’État, EBOMAF et BGFIBank pour les 83 kilomètres de l’axe. Cette enveloppe comprend également le contrôle et la supervision du chantier et ne correspond donc pas intégralement à la rémunération de l’entreprise.
Il reste ainsi difficile d’additionner les montants des différents projets sans risquer de compter deux fois des opérations déjà intégrées dans les 700 milliards annoncés en 2024.
La question des marchés publics
La question des procédures d’attribution renforce les interrogations. Le 30 mai 2025, le Conseil des ministres indiquait que 93,25 % des marchés publics en valeur avaient été attribués par entente directe depuis le début de l’année. Le gouvernement avait alors dénoncé une situation contraire aux règles encadrant cette procédure.
Ce chiffre ne signifie pas que les contrats d’EBOMAF ont tous été attribués de cette manière. Il souligne néanmoins l’importance de connaître, pour chaque grand chantier, le montant du contrat, son mode d’attribution, son financement et ses éventuels avenants.
Des chantiers à des rythmes différent
Fin juin 2026, le ministère des Travaux publics faisait état d’une exécution physique de 2,2 % sur Yombi-Mandji-Carrefour Rabi, alors que 15 % du délai contractuel était consommé. Sur Lébamba-Mbigou, l’avancement atteignait 12,5 %.
Ces données ne permettent pas de conclure à un échec des projets, mais elles montrent l’importance d’un suivi régulier entre les montants engagés, les délais et les travaux réalisés.
Une exigence de transparence
La question n’est pas seulement celle de la présence d’EBOMAF au Gabon. Elle concerne plus largement la lisibilité de la commande publique.
Avec plusieurs centaines de milliards de FCFA engagés dans les grands travaux, la publication d’un état consolidé des contrats permettrait de connaître, projet par projet, les montants, les procédures d’attribution, les financements, les délais et les niveaux d’exécution.
Pour les Gabonais, l’enjeu est désormais simple : connaître précisément combien coûtent les grands chantiers, comment ils sont financés et quels résultats ils produisent.






