L’Afrique centrale devra combler un déficit de financement de 35,6 milliards de dollars par an jusqu’en 2030, selon les Perspectives économiques en Afrique centrale 2026 de la Banque africaine de développement (BAD), publiées le 23 septembre. Sur cinq ans, l’écart atteint 213,6 milliards de dollars, soit environ 128 160 milliards de FCFA. Les infrastructures et l’éducation concentrent une large part des capitaux nécessaires à la transformation des économies de la sous-région.
213,6 milliards de dollars à mobiliser d’ici 2030.
Le montant mesure l’ampleur de l’effort financier nécessaire pour accélérer la transformation structurelle de l’Afrique centrale. Selon la BAD, la région fait face à un déficit de financement de 35,6 milliards de dollars chaque année jusqu’en 2030. Sur l’ensemble de la période, le besoin cumulé atteint 213,6 milliards de dollars, soit environ 128 160 milliards de FCFA. Ce chiffre désigne l’écart entre les ressources nécessaires aux objectifs de développement et les financements actuellement disponibles. Il ne correspond donc pas à une enveloppe que les États devraient nécessairement emprunter ou inscrire directement dans leurs budgets.
Cette précision permet de mieux comprendre la portée de l’estimation. La problématique porte à la fois sur le volume des capitaux disponibles, leur origine et leur capacité à être orientés vers les investissements prioritaires. Le besoin apparaît alors que l’activité économique régionale conserve une trajectoire positive. La BAD prévoit une croissance du PIB de l’Afrique centrale de 3,8 % en 2026, contre 3,6 % en 2025. Cette progression reste toutefois accompagnée de besoins importants en infrastructures et en capital humain.
Infrastructures et éducation concentrent les besoins.
La ventilation sectorielle donne une indication claire des domaines vers lesquels les financements supplémentaires devront être dirigés.
Les infrastructures représentent 20,3 milliards de dollars de besoins annuels, soit 57 % des ressources nécessaires jusqu’en 2030. Les infrastructures routières occupent une place prépondérante, dans un contexte où les insuffisances de connectivité continuent de peser sur les échanges et l’intégration régionale. L’éducation arrive en deuxième position avec 9,5 milliards de dollars par an. Le financement de la transformation dépasse donc largement la construction d’ouvrages physiques. Il englobe également les investissements nécessaires au développement des compétences.
La répartition entre les pays révèle, elle aussi, une forte concentration. La République démocratique du Congo représente à elle seule 16 milliards de dollars de besoins annuels, soit 44,9 % du déficit régional. Le Cameroun suit avec 9,3 milliards de dollars, soit 26,1 %, puis le Tchad avec 7,2 milliards, soit 20,1 %. Ces trois économies concentrent ainsi 89,7 % du déficit annuel identifié par la BAD. Les autres pays de la région se répartissent les 10,3 % restants. Cette concentration reflète notamment le poids des économies les plus importantes de la sous-région et l’ampleur de leurs besoins en équipements, en connectivité et en investissements structurants.
Des ressources à diversifier pour réduire l’écart.
La réponse au déficit identifié par la BAD ne repose pas uniquement sur la recherche de nouveaux financements extérieurs. La Banque met également l’accent sur la mobilisation des ressources domestiques, l’approfondissement des marchés de capitaux et l’amélioration de l’accès du secteur privé au financement. À l’échelle de l’ensemble du continent africain, la BAD estime qu’une meilleure mobilisation des recettes fiscales et non fiscales pourrait générer 469 milliards de dollars supplémentaires par an. Elle évalue par ailleurs à 299 milliards de dollars annuels les économies potentielles liées à une amélioration de l’efficacité des investissements publics. Ces deux estimations concernent l’Afrique dans son ensemble et non spécifiquement l’Afrique centrale.
Le financement privé constitue également une piste identifiée par la Banque. Les investisseurs institutionnels africains disposent d’une capacité financière importante, mais une faible part de leurs actifs est actuellement orientée vers les infrastructures et les secteurs productifs. Pour l’Afrique centrale, la priorité consiste donc à élargir les canaux de financement tout en améliorant l’affectation des capitaux vers les projets structurants. Les partenariats public-privé, les garanties, les lignes de crédit et les instruments liés à la finance durable peuvent notamment compléter les ressources publiques. Avec 213,6 milliards de dollars de déficit cumulé d’ici 2030, la BAD met ainsi en lumière une contrainte qui dépasse les seuls budgets des États. Infrastructures, éducation, ressources domestiques, marchés de capitaux et investissement privé se retrouvent au cœur d’une même équation : donner aux économies d’Afrique centrale les moyens financiers d’accélérer leur transformation.







