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mercredi, août 12, 2026
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GABON : LES ENTREPRISES DU BOIS ATTENDENT LE REGLEMENT DE 20 MILLIARDS DE FCFA DE TVA

L’État gabonais doit accélérer le règlement de 20 milliards de FCFA de créances de TVA au bénéfice des entreprises de la filière forêt-bois. L’instruction donnée le 10 août par le président Brice Clotaire Oligui Nguema intervient dans un contexte de difficultés financières et commerciales pour les opérateurs du secteur.

Une mesure qui répond à un problème de financement

La question des créances fiscales occupe désormais une place importante dans les relations entre l’État et les opérateurs de la filière forêt-bois. En demandant l’accélération du règlement des 20 milliards de FCFA de TVA, le chef de l’État entend permettre aux entreprises concernées de récupérer des ressources déjà engagées auprès du Trésor. Cette décision a été prise à l’issue d’une réunion tenue le 10 août au Palais de la Rénovation avec le ministre des Eaux et Forêts, Maurice Ntossui Allogho, et plusieurs représentants du secteur. L’opération doit contribuer à l’apurement d’une partie de la dette intérieure de l’État. Pour les entreprises bénéficiaires, elle représente surtout une possibilité de reconstituer leur trésorerie et de disposer de moyens supplémentaires pour assurer leur fonctionnement. Le sujet avait déjà été porté au niveau gouvernemental quelques semaines auparavant. Le 6 juillet, le vice-président du gouvernement, Hermann Immongault, avait échangé avec des représentants diplomatiques de plusieurs pays européens au sujet des difficultés rencontrées par des entreprises de la filière. Les créances de TVA avaient alors été évaluées à près de 20 milliards de FCFA et la mise en place d’un moratoire avait été annoncée pour faciliter leur apurement progressif.

Une filière exposée aux évolutions des marchés

Le problème de trésorerie intervient dans une période où l’activité du secteur est également affectée par la situation de certains marchés extérieurs. La demande sur plusieurs marchés internationaux, notamment asiatiques, connaît un ralentissement qui pèse sur les perspectives commerciales des opérateurs. Cette situation renforce l’importance de la capacité des entreprises à disposer de liquidités pour maintenir leurs activités. Dans ce contexte, le remboursement de la TVA ne constitue pas seulement une opération comptable entre l’État et les entreprises. Il intervient directement sur les ressources disponibles pour les opérateurs du secteur. Le président de la République a d’ailleurs résumé l’orientation donnée lors de la rencontre par la formule : « Qui paie ses dettes s’enrichit. »

L’enjeu est aussi de trouver de nouveaux acheteurs

La question financière n’est toutefois qu’un des volets abordés lors de la rencontre du 10 août. Les autorités souhaitent parallèlement que la filière élargisse ses débouchés. Des démarches doivent ainsi être poursuivies afin d’identifier de nouveaux marchés au niveau sous-régional et continental. Cette recherche de débouchés vise à offrir aux opérateurs davantage de possibilités commerciales et à réduire leur dépendance à certains marchés internationaux. La consommation du bois sur le marché national figure également parmi les pistes évoquées, de même que la poursuite du développement de la transformation locale.

Transformer davantage pour créer plus de valeur

La transformation du bois constitue un autre axe des orientations données au secteur. L’objectif est de poursuivre le développement des activités permettant d’accroître la valeur ajoutée générée par la ressource forestière au Gabon. Cette orientation rejoint les efforts engagés pour diversifier l’économie nationale et développer des chaînes de valeur locales. La recherche de marchés et la transformation locale apparaissent ainsi comme deux leviers complémentaires pour renforcer la place de la filière dans l’économie.

Plus de 15 000 emplois en jeu

L’importance du secteur se mesure également par son poids dans l’emploi. Selon la Présidence de la République, la filière forêt-bois représente plus de 15 000 emplois directs et indirects. La situation économique des entreprises concerne donc directement la capacité du secteur à maintenir ces activités et les emplois qui leur sont associés. Le règlement des créances de TVA doit apporter une réponse immédiate à la question de la trésorerie, tandis que les autres orientations portent sur les conditions de développement de la filière à plus long terme.

Une décision qui doit désormais se traduire dans les faits

Jean-Marie Ntoutoume, délégué général de l’Union des forestiers et industriels du Gabon (UFIGA), a salué les orientations annoncées par le chef de l’État, notamment sur le règlement des créances de TVA. La prochaine étape concerne désormais la mise en œuvre des instructions présidentielles par les administrations compétentes et le suivi avec les représentants du secteur. Pour la filière forêt-bois, le règlement des 20 milliards de FCFA constitue donc une réponse à une difficulté financière identifiée. Reste désormais à concrétiser cette décision tout en poursuivant les travaux engagés sur les marchés, la transformation locale et la pérennité des activités du secteur.

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