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mardi, août 4, 2026
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LA ZLECAF ACCELERE SA MISE EN ŒUVRE AU BURUNDI : UN MARCHE CONTINENTAL A CONQUERIR POUR LES ENTREPRISES

La visite officielle du Secrétaire général de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), Wamkele Mene, en République du Burundi marque une nouvelle étape dans l’opérationnalisation du plus vaste marché intégré du continent. Pendant deux jours, les autorités burundaises, le Secrétariat de la ZLECAf et les représentants du secteur privé ont échangé sur les leviers permettant de transformer les engagements institutionnels en opportunités économiques concrètes pour les entreprises du pays.

Au-delà de la dimension diplomatique, cette mission traduit une ambition claire : faire du Burundi un acteur pleinement intégré au commerce intra-africain. Ratifié en 2021, l’Accord portant création de la ZLECAf est désormais entré dans une phase où la priorité n’est plus l’adhésion mais la mise en œuvre effective de ses instruments commerciaux. C’est précisément sur cette transition que se sont concentrées les discussions menées avec le gouvernement burundais et les opérateurs économiques.

La délégation conduite par Wamkele Mene a successivement rencontré les ministres en charge du Commerce et des Affaires étrangères avant d’être reçue par le Président Évariste Ndayishimiye. Une séance de travail spécifique a également été consacrée au secteur privé afin de présenter les outils opérationnels déjà disponibles : Livret tarifaire électronique, manuel des règles d’origine, Africa Trade Gateway, Système panafricain de paiement et de règlement (PAPSS) ainsi que le mécanisme de signalement des barrières non tarifaires. L’objectif est d’aider les entreprises à convertir un accès préférentiel au marché africain en échanges commerciaux réels.

Transformer l’intégration en croissance économique

Pour le Burundi, les fondations institutionnelles sont désormais largement en place. Le pays dispose d’une stratégie nationale de mise en œuvre de la ZLECAf, d’un supplément vert intégrant les exigences environnementales et climatiques, d’un travail avancé sur les règles d’origine ainsi que d’initiatives en faveur du commerce numérique. L’enjeu consiste désormais à connecter davantage les entreprises nationales à un marché africain de plus de 1,4 milliard de consommateurs.

Cette perspective apparaît d’autant plus stratégique que près de la moitié des exportations burundaises est déjà destinée aux marchés africains. Les exportations restent toutefois fortement concentrées sur quelques produits, notamment le café, le thé, les épices et les ressources minières. Pour le Secrétariat de la ZLECAf, la prochaine étape passe par une montée en gamme de l’économie burundaise grâce au développement de la transformation locale, des produits à valeur ajoutée et des services.

Une économie en progression qui cherche un nouveau moteur

Les indicateurs économiques présentés dans le dossier de presse décrivent une économie en croissance continue. Selon les données compilées auprès de la Banque africaine de développement et de la Banque mondiale, le Burundi affiche une croissance soutenue par les secteurs minier, agricole, énergétique et les services, tandis que les exportations progressent plus rapidement que les importations. Les politiques publiques engagées visent parallèlement à réduire les tensions inflationnistes, à améliorer les finances publiques et à renforcer l’inclusion financière.

Dans ce contexte, la ZLECAf est présentée comme un accélérateur de compétitivité. En facilitant les échanges commerciaux, en réduisant les coûts des paiements transfrontaliers grâce au PAPSS et en mettant à disposition des entreprises des plateformes numériques de mise en relation et d’information commerciale, l’accord continental ambitionne de renforcer la capacité des PME africaines à accéder à de nouveaux marchés.

Une dimension continentale

La visite revêt également une portée politique particulière puisque le Burundi assure en 2026 la présidence tournante de l’Union africaine. Elle intervient ainsi à un moment où l’intégration économique du continent constitue l’un des projets phares de l’Agenda 2063. Le Secrétariat de la ZLECAf entend poursuivre cette dynamique à travers les prochains rendez-vous continentaux, notamment Biashara Afrika et la Foire commerciale intra-africaine (IATF 2027), destinés à renforcer les échanges entre entreprises africaines et à stimuler les investissements intra-africains.

En choisissant Bujumbura comme nouvelle étape de son dialogue avec les États parties, le Secrétariat de la ZLECAf réaffirme que le succès du marché unique africain dépend désormais moins des ratifications que de la capacité des économies nationales à transformer les instruments de l’intégration continentale en croissance, en investissements et en création de valeur pour leurs entreprises.

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