Confronté au recul progressif de sa production pétrolière, le Gabon intensifie ses investissements dans le secteur minier, désormais considéré comme l’un des principaux leviers de diversification de son économie. Porté par un important potentiel géologique et par plusieurs projets d’envergure, le pays ambitionne de faire des ressources minières un pilier durable de sa croissance au cours de la prochaine décennie.
Cette nouvelle orientation se traduit par une série de projets d’exploitation répartis sur l’ensemble du territoire national. Selon les autorités, plusieurs gisements devraient entrer en production entre 2026 et 2030, marquant une étape décisive dans la transformation du paysage économique gabonais. Fer, or et potasse figurent parmi les minerais appelés à soutenir cette nouvelle dynamique.
Le ministre des Mines, Sosthène Nguema Nguema, affirme que le gouvernement a déjà identifié près d’une dizaine de projets prioritaires destinés à renforcer la contribution du secteur extractif à l’économie nationale. Parmi eux figurent notamment les gisements de Milingui, Baniaka, Mébaga et M’Bilan pour le minerai de fer, Etéké pour l’or ainsi qu’un projet d’exploitation de la potasse. L’objectif est de mettre progressivement ces différents sites en exploitation afin d’accroître les capacités de production du pays.
Au-delà de l’augmentation de la production minière, les autorités misent sur les effets d’entraînement de ces investissements. Les futures exploitations devraient générer des milliers d’emplois directs et indirects, tout en renforçant le poids du secteur dans la richesse nationale. Aujourd’hui estimée à environ 6 %, la contribution des activités minières pourrait, selon les ambitions gouvernementales, atteindre entre 15 % et 20 % dans les prochaines années.
Toutefois, plusieurs spécialistes rappellent que cette ambition ne pourra être atteinte sans un effort massif en matière d’infrastructures. Pour l’économiste Orphée Mouelé, le développement des mines doit impérativement s’accompagner de la modernisation des réseaux routiers, ferroviaires et portuaires afin de faciliter le transport des minerais vers les marchés internationaux. Il souligne également la nécessité de renforcer les capacités énergétiques du pays, l’approvisionnement en électricité constituant une condition essentielle à la rentabilité des projets industriels.
Si les perspectives économiques suscitent un réel optimisme, la société civile appelle à une répartition plus équitable des bénéfices attendus. Pour l’ONG Éthique et Bonne Gouvernance, l’essor du secteur minier ne devra pas uniquement se traduire par une hausse des indicateurs macroéconomiques, mais aussi par une amélioration tangible des conditions de vie des populations. Sa présidente, le Dr Edmiaune Zouga, insiste sur l’importance de voir les retombées économiques profiter concrètement aux citoyens, notamment en matière d’emploi, de pouvoir d’achat et de développement local.
Parallèlement au lancement de nouveaux projets miniers, le gouvernement entend accélérer la transformation locale des ressources extraites. Cette stratégie vise à développer des chaînes de valeur nationales, à renforcer l’industrialisation du pays et à créer davantage de valeur ajoutée sur le territoire. En privilégiant la transformation des minerais avant leur exportation, le Gabon espère réduire sa dépendance aux matières premières brutes et consolider les bases d’une économie plus diversifiée et plus résiliente.






