Le processus d’intégration du Soudan du Sud à la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) franchit une nouvelle étape. En visite officielle à Djouba le 16 juillet, le Secrétaire général de la ZLECAf, Wamkele Mene, a engagé des échanges avec les autorités et les représentants du secteur privé afin de promouvoir la ratification de l’accord et de présenter les opportunités qu’offre le marché unique africain aux entreprises Sud-Soudanaises.
Signataire de l’Accord depuis 2018, le Soudan du Sud n’a toutefois pas encore achevé le processus de ratification qui lui permettrait de devenir un État partie à part entière. Cette étape ouvrirait aux entreprises du pays un accès préférentiel au marché continental, qui regroupe près de 1,4 milliard de consommateurs.
Au cours de sa visite, le Secrétaire général a rencontré la ministre du Commerce et de l’Industrie, Dr Labanya Margaret Mathya, avant de participer à une rencontre avec les acteurs du secteur privé organisée par le ministère et présidée par le sous-secrétaire Yel Luol Koor. Les échanges ont réuni notamment des représentants de la Chambre nationale de commerce, de l’Association des industriels, des organisations d’exportateurs ainsi que des entreprises actives dans les filières de la gomme arabique, du cuir, de la pêche et de l’agro-transformation.
Des outils présentés pour faciliter l’accès au marché africain
La délégation de la ZLECAf a présenté plusieurs mécanismes destinés à accompagner les entreprises dans leurs échanges commerciaux à l’échelle du continent. Les participants ont notamment été informés du fonctionnement du Livre tarifaire électronique (e-Tariff Book), du Manuel des règles d’origine, du mécanisme de traitement des barrières non tarifaires, du Système panafricain de paiement et de règlement (PAPSS) ainsi que du Fonds d’ajustement de la ZLECAf, dont le guichet de crédit est déjà accessible aux entreprises à capitaux africains établies dans les pays signataires.
Les plateformes Biashara Afrika et la Foire commerciale intra-africaine (IATF) ont également été présentées comme des instruments permettant aux entreprises de développer leurs débouchés sur le marché continental.
Au-delà des mécanismes commerciaux, la délégation a identifié plusieurs secteurs susceptibles de bénéficier de l’intégration régionale, notamment l’agro-transformation, la pêche et les produits à valeur ajoutée. Une attention particulière a été portée à la filière de la gomme arabique, considérée comme un produit à fort potentiel. Selon le Secrétariat de la ZLECAf, cette production, largement assurée par des femmes, fera l’objet d’une étude de cas visant à renforcer les liens entre les producteurs Sud-Soudanais et les acheteurs africains, tout en encourageant la transformation locale.
Le secteur privé appelé à préparer l’ouverture du marché
À l’issue des échanges, Wamkele Mene a rappelé que la ratification constitue la prochaine étape permettant aux entreprises Sud-Soudanaises de bénéficier pleinement des préférences commerciales prévues par l’accord continental.
« Pensez continental, pas seulement national. La ZLECAf n’est plus seulement sur le papier : les entreprises commercent déjà par-delà les frontières. La ratification est l’étape qui permettra aux entreprises Sud-Soudanaises de prendre leur place, et c’est au secteur privé qu’il revient d’être le moteur qui la rend possible », a déclaré le Secrétaire général.
La visite s’est conclue par plusieurs engagements opérationnels. Les entreprises ayant pris part au dialogue seront intégrées à la base de données du secteur privé de la ZLECAf, tandis que le programme de renforcement des capacités SME Booster sera étendu à l’Afrique de l’Est. Une nouvelle mission du Secrétariat est également envisagée avant la fin de l’année, à la demande du ministère Sud-Soudanais du Commerce et de l’Industrie. À travers cette mission, le Secrétariat de la ZLECAf met l’accent sur la préparation des entreprises avant l’entrée effective du pays dans le régime préférentiel de l’accord. Les échanges organisés à Djouba montrent que la ratification est désormais présentée non seulement comme une étape institutionnelle, mais aussi comme un levier destiné à renforcer la participation des opérateurs économiques Sud-Soudanais au commerce intra-africain.






