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vendredi, octobre 9, 2026
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FINANCE VERTE : LE WWF ALERTE SUR UN DÉSÉQUILIBRE DE 7 300 MILLIARDS DE DOLLARS

Dévoilé ce mercredi 7 octobre lors d’une conférence de presse en ligne organisée sous forme de webinaire, le Rapport Planète Vivante 2026 du WWF place la finance au cœur de l’équation de la biodiversité. En 2023, quelque 7 300 milliards de dollars ont été consacrés à des activités nuisibles à la nature, contre seulement 220 milliards pour sa protection ou sa restauration. Au-delà du déficit de financement, le rapport pointe surtout une question d’allocation des capitaux : une part considérable des ressources financières mondiales continue de soutenir les activités qui alimentent la dégradation des écosystèmes.

Un déséquilibre qui dépasse la seule question environnementale.

La présentation du rapport remet ainsi le financement de la biodiversité au centre des débats économiques. Le problème ne réside pas uniquement dans l’insuffisance des sommes consacrées à la conservation. Il tient également à la direction prise par une partie considérable des capitaux mondiaux. En 2023, les activités nuisibles à la nature ont capté environ 7 300 milliards de dollars, soit plus de trente fois les 220 milliards de dollars consacrés aux activités de protection ou de restauration. Le WWF estime parallèlement à 942 milliards de dollars par an le déficit de financement nécessaire pour enrayer et inverser la perte de biodiversité.

Le rapport pointe également le rôle des politiques publiques dans cette équation. Les subventions mondiales aux énergies fossiles ont atteint 7 000 milliards de dollars en 2022, tandis que les subventions agricoles considérées comme nuisibles à l’environnement sont estimées à 470 milliards de dollars par an. Pour le WWF, ces mécanismes contribuent à maintenir des conditions économiques favorables à des activités dont les impacts environnementaux sont élevés. La question porte donc aussi sur l’orientation des ressources déjà disponibles.

Faire de la nature un véritable sujet d’investissement.

Le rapport estime que la réorientation des capitaux suppose de modifier les conditions dans lesquelles les décisions d’investissement sont prises. Cela passe par des règles plus claires, une meilleure prise en compte des risques liés à la nature, davantage de transparence et une réforme des subventions défavorables à la transition. Le WWF insiste également sur le rôle des financements mixtes. Des garanties publiques ou des prêts à faible taux peuvent contribuer à réduire le risque perçu par les investisseurs privés, notamment sur les marchés émergents. L’objectif est de rapprocher des capitaux privés disponibles de projets liés à la restauration des écosystèmes, à l’agriculture durable, à la sylviculture ou encore à la conservation marine.

Cette question dépasse largement le seul champ environnemental. Le rapport rappelle qu’environ la moitié du PIB mondial, soit près de 58 000 milliards de dollars en 2023, dépend d’une manière ou d’une autre de la nature. Avec 7 300 milliards de dollars orientés vers des activités nuisibles contre 220 milliards pour la protection et la restauration, le déséquilibre décrit par le WWF se situe donc au cœur même du fonctionnement des marchés. La réorientation progressive de ces flux constitue désormais l’un des leviers sur lesquels peuvent agir États, institutions financières et investisseurs.

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