Près d’un an après le lancement de ses interventions, Suez Gabon a sécurisé les principales conduites d’adduction entre Ntoum et le Grand Libreville. Mais le réseau de distribution, vieillissant et marqué par les fuites, reste le principal défi. Le gouvernement veut désormais accélérer les travaux quartier par quartier.
Le chantier destiné à améliorer l’approvisionnement en eau potable du Grand Libreville entre dans une nouvelle phase. Réunis mardi 6 octobre à Libreville autour du vice-président du gouvernement, Hermann Immongault, les responsables de Suez Gabon ont fait le point sur
les travaux engagés depuis près d’un an. La rencontre, tenue en présence du ministre de l’Eau et de l’Énergie, Philippe Tonangoye, a permis de faire le bilan des avancées enregistrées et des difficultés qui persistent sur le réseau.
Les conduites de Ntoum sécurisées.
À Ntoum, les travaux se poursuivent avec notamment la réhabilitation de la station de pompage. Des forages ont également démarré au niveau du village Ofolayo pour renforcer les capacités d’approvisionnement. L’une des principales avancées concerne les deux grandes conduites d’adduction, DN1000 et DN1200, qui acheminent l’eau de Ntoum vers le Grand Libreville. Selon Philippe Tonangoye, ces conduites sont désormais maîtrisées et ne présentent plus de fuites. « Il n’y a plus de fuites », a assuré le ministre. Ces réparations permettent de sécuriser l’acheminement de l’eau vers les bâches de tête du réseau.
Le réseau de distribution reste le principal défi.
Si les infrastructures d’adduction enregistrent des progrès, le réseau de distribution demeure beaucoup plus fragile. Canalisations vieillissantes, fuites et insuffisance de certaines infrastructures continuent de limiter la régularité de la desserte. Le ministre de l’Eau et de l’Énergie a résumé la situation en évoquant « un réseau vétuste, un réseau fuyant, un réseau qu’il faut réhabiliter et un réseau, parfois, qu’il faut créer ». Le défi est donc désormais de passer de la sécurisation des grandes conduites à la remise à niveau du réseau qui dessert directement les quartiers.
Ondogo choisi comme quartier pilote.
Pour répondre à cette difficulté, le gouvernement, Suez et la SEEG ont retenu une approche progressive, quartier par quartier. Ondogo sert ainsi de site pilote. Quelque 123 logements ont déjà été équipés de compteurs d’eau. Cette phase doit permettre de tester l’ensemble du dispositif : arrivée effective de l’eau, comptage, facturation, qualité du service et protection des compteurs. Les résultats obtenus à Ondogo doivent ensuite servir de référence pour le déploiement du dispositif dans d’autres quartiers du Grand Libreville.
Le gouvernement demande à Suez d’accélérer.
La question du financement reste également importante. Selon Philippe Tonangoye, le ministère de l’Économie et des Finances travaille à la recherche de solutions pour accompagner les travaux. De son côté, Hermann Immongault a demandé à Suez « d’accélérer l’ensemble de ses
engagements », tout en appelant à une implication accrue des agents de la SEEG. Le gouvernement souhaite également une plus grande implication des populations dans la préservation du réseau, notamment à travers le signalement des fuites et l’adoption de comportements permettant de limiter les dégradations.
Désormais, l’enjeu est dans les quartiers.
Les travaux engagés depuis près d’un an ont permis de sécuriser une partie essentielle de l’acheminement de l’eau depuis Ntoum. Mais le prochain test se joue désormais au niveau des quartiers. L’objectif est de transformer ces avancées techniques en une amélioration concrète et durable de l’accès à l’eau potable pour les habitants du Grand Libreville. Après Ntoum, le chantier change donc d’échelle : il ne s’agit plus seulement de faire arriver l’eau dans la capitale, mais de garantir qu’elle puisse parvenir régulièrement jusqu’aux ménages.







