L’instauration d’une nouvelle redevance de 30 dollars américains (près de 18 000 FCFA) sur les vols internationaux continue d’alimenter les interrogations au sein du secteur aérien gabonais. Face aux réactions suscitées par cette mesure, le ministre d’État chargé des Transports, Ulrich Manfoumbi Manfoumbi, a tenu à préciser que cette contribution vise exclusivement à financer la modernisation du contrôle aux frontières grâce au déploiement du système API/PNR, tout en assurant que le gouvernement entend limiter son impact sur le prix des billets.
Une contribution dédiée à la sécurité des frontières
Dans un communiqué publié le 7 juillet, le ministère des Transports rappelle que cette redevance découle de la convention signée le 21 mai dernier avec la société américaine SECURIPORT LLC. Elle doit permettre de financer la mise en place du système Advance Passenger Information/Passenger Name Record (API/PNR), un dispositif recommandé par l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI) pour renforcer le contrôle des flux de passagers avant leur arrivée ou leur départ.
Selon l’arrêté publié au Journal officiel, la redevance est fixée à 30 dollars américains par passager sur les vols commerciaux internationaux, aussi bien au départ qu’à l’arrivée des aéroports internationaux gabonais. Elle sera perçue au moment de l’émission du billet d’avion et affectée au financement des investissements, de l’exploitation et de la maintenance de cette plateforme de contrôle frontalier. Certaines catégories de voyageurs, notamment les passagers en transit, les enfants de moins de deux ans et les membres d’équipage, en sont toutefois exemptées.
Des inquiétudes sur le coût du transport aérien
Si le gouvernement met en avant un objectif de sécurisation des frontières et de conformité aux standards internationaux, la mesure suscite des préoccupations quant à son incidence sur le coût du transport aérien. Cette nouvelle contribution s’ajoute en effet à la révision récente des redevances de sûreté aéroportuaire, faisant craindre une hausse du prix des billets pour les voyageurs internationaux. Plusieurs observateurs estiment que le surcoût pourrait atteindre environ 36 000 FCFA pour un aller-retour, avant même la prise en compte des autres taxes et redevances applicables.
Conscient de ces inquiétudes, le ministère précise que la nouvelle contribution ne concerne pas les vols domestiques et annonce la mise en place d’un groupe de travail interministériel chargé d’identifier les taxes ne présentant pas de valeur ajoutée pour le secteur. L’objectif affiché est de préserver la compétitivité du transport aérien tout en poursuivant les investissements nécessaires à la modernisation des infrastructures de sûreté.
Trouver un équilibre entre sécurité et compétitivité
Cette réforme intervient à un moment où le Gabon affiche l’ambition de renforcer son secteur aérien et d’améliorer l’attractivité de ses plateformes aéroportuaires. Si le déploiement du système API/PNR répond aux exigences internationales en matière de sécurité et de lutte contre la criminalité transnationale, son financement relance le débat sur l’équilibre à trouver entre la modernisation des infrastructures et la maîtrise du coût du transport aérien. Pour les autorités, l’enjeu consiste désormais à concilier ces impératifs sans compromettre la compétitivité du ciel gabonais auprès des compagnies aériennes, des investisseurs et des voyageurs internationaux.






