Le projet de fer de Belinga poursuit son chemin entre engagement de l’opérateur et exigences de l’État gabonais. Réunis lundi à Libreville, les responsables gabonais et la direction de Fortescue ont examiné l’état d’avancement du partenariat ainsi que les prochaines étapes de sa mise en œuvre.
Présidée par le vice-président du gouvernement, Hermann Immongault, la rencontre a rassemblé plusieurs membres du gouvernement, la délégation de Fortescue conduite par son président, Dr Andrew Forrest, ainsi que des experts et partenaires associés au projet. Au centre des discussions : la coordination des opérations, les conditions de réalisation du projet, mais aussi les retombées que le Gabon entend tirer de l’exploitation du gisement.
Fortescue confirme sa volonté de concrétiser Belinga.
Face aux interrogations entourant la poursuite du projet, Andrew Forrest a réaffirmé la mobilisation de son groupe. « Toute l’équipe et l’ensemble des partenaires sont mobilisés pour assurer sa réalisation, sa sécurité et son efficacité », a déclaré le président de Fortescue.
L’homme d’affaires australien a surtout voulu lever toute ambiguïté sur la détermination du groupe à poursuivre le projet. « Une chose est certaine : ce projet sera réalisé. Il sera efficace et il sera sûr », a-t-il assuré. Fortescue entend ainsi poursuivre les différentes étapes nécessaires à la concrétisation de Belinga, avec une attention particulière portée au contrôle des opérations, à la maîtrise des coûts et au respect des engagements des différentes parties.
Libreville veut un projet au bénéfice de l’économie nationale.
Si l’opérateur confirme son engagement, le gouvernement gabonais entend pour sa part s’assurer que le projet contribue aux objectifs économiques du pays. Pour Hermann Immongault, Belinga fait partie des projets structurants capables d’accompagner la transformation de l’économie gabonaise. Le choix des partenaires et les conditions de leur intervention constituent donc un enjeu majeur. « Le projet reste l’un des projets les plus structurants du Gabon », a-t-il rappelé. Le gouvernement souhaite notamment que l’exploitation du gisement puisse générer davantage de valeur au niveau national. Cette ambition passe par la transformation locale des ressources, le développement des compétences et la participation accrue des acteurs gabonais. « Le Gabon est dans une trajectoire où il entend mettre un soin particulier à favoriser la transformation locale de ses ressources, à développer les compétences de ses filles et de ses fils et à attirer des partenaires capables d’accompagner cette ambition industrielle dans la durée », a-t-il expliqué.
Un partenariat à encadrer.
Au-delà de l’exploitation du minerai, les discussions mettent en évidence une question centrale : comment concilier l’expertise internationale de Fortescue avec les intérêts stratégiques du Gabon ? Pour Hermann Immongault, le partenariat doit reposer sur un équilibre entre les capacités de l’opérateur et la maîtrise de l’État. « Nous devons ici trouver le point d’équilibre entre l’expertise et la capacité opérationnelle
d’un partenaire industriel de dimension internationale d’une part et la participation, la maîtrise stratégique et les intérêts de long terme de l’État gabonais d’autre part », a-t-il déclaré.
Le gouvernement souhaite également que le cadre entourant le projet soit suffisamment solide pour garantir la confiance entre les différentes parties. « Nous avons à cœur de bâtir un partenariat économique robuste, juridiquement clair et politiquement soutenable, qui repose sur la confiance et la transparence », a ajouté le vice-président du gouvernement.
La question environnementale reste centrale.
La protection de l’environnement et des communautés figure également parmi les sujets abordés lors de la rencontre.
Andrew Forrest a souligné la responsabilité de son groupe sur cet aspect : « Nous devons protéger l’environnement et les communautés. C’est une responsabilité à laquelle j’accorde une grande importance ». Cette exigence environnementale s’ajoute aux enjeux liés aux infrastructures, à l’emploi, à la formation et au développement des compétences nationales.
Belinga, un test pour l’ambition industrielle du Gabon.
À travers le projet Belinga, c’est donc une partie de l’ambition minière et industrielle du Gabon qui se joue. La question n’est plus uniquement celle de l’exploitation du minerai de fer, mais aussi celle de la valeur que cette ressource peut générer pour l’économie nationale. La rencontre de Libreville montre en tout cas que les deux parties souhaitent poursuivre le dialogue. Fortescue maintient son engagement à réaliser le projet, tandis que le gouvernement gabonais insiste sur la nécessité de préserver ses intérêts stratégiques et d’obtenir des retombées économiques durables.







