En signant, le 26 octobre 2026 à Accra, la Convention des Nations Unies sur les documents de cargaison négociables, le Gabon rejoint 25 autres États engagés dans l’adoption d’un cadre juridique harmonisé pour le transport de marchandises. Cet instrument, qui reconnaît les
documents de cargaison sous format papier ou électronique et couvre plusieurs modes de transport, vise à simplifier les échanges commerciaux, faciliter le financement des opérations et accompagner la transformation numérique de la chaîne logistique internationale.
Un cadre juridique commun pour les échanges multimodaux.
Le Gabon poursuit sa démarche de modernisation des mécanismes de facilitation du commerce international. Le 26 octobre 2026, à Accra, au Ghana, le ministre d’État, ministre des Transports, de la Marine marchande, chargé de la Logistique, Ulrich Manfoumbi Manfoumbi, a pris part à la cérémonie d’ouverture à la signature de la Convention des Nations Unies sur les documents de cargaison négociables, également appelée Convention d’Accra. À cette occasion, le pays a signé cet instrument juridique international, aux côtés de 25 autres États.
Adoptée par l’Assemblée générale des Nations Unies le 15 décembre 2025, à travers la résolution 80/162, cette Convention répond à une difficulté ancienne du commerce international : l’absence d’un cadre juridique uniforme pour l’utilisation de documents de cargaison négociables dans les différents modes de transport. Jusqu’ici, les mécanismes de documents négociables étaient principalement associés au transport maritime. Le nouvel instrument entend étendre leur utilisation aux transports routier, ferroviaire, aérien et maritime, en prévoyant une reconnaissance aussi bien des supports physiques que des formats électroniques.
Concrètement, un document de cargaison négociable représente les marchandises transportées et peut être utilisé pour matérialiser les droits attachés à celles-ci pendant leur acheminement. La Convention harmonise les règles relatives à son émission, à son utilisation, à ses effets juridiques ainsi qu’aux droits et responsabilités de ses détenteurs. Elle prévoit également la possibilité d’utiliser un document unique couvrant l’ensemble d’un trajet multimodal. Cette disposition pourrait réduire la multiplication des documents lors des changements de mode de transport et simplifier le suivi des marchandises tout au long de leur parcours.
Un levier potentiel pour le financement et la compétitivité logistique.
Au-delà de la simplification documentaire, l’intérêt économique de cet instrument réside dans les possibilités qu’il ouvre pour le financement du commerce. En donnant un cadre juridique aux documents représentant des marchandises en transit, la Convention entend faciliter les opérations de financement adossées aux cargaisons et permettre, sous certaines conditions, la vente de marchandises avant leur arrivée à destination. Pour les opérateurs économiques, cette évolution pourrait contribuer à améliorer la gestion des flux commerciaux, à réduire les
risques liés aux documents et à faciliter l’accès aux financements bancaires.
Pour le Gabon, ces perspectives concernent directement les activités d’importation et d’exportation, ainsi que les opérations de transport et de logistique qui les accompagnent. La simplification des formalités documentaires et la possibilité de recourir à des supports électroniques pourraient contribuer à réduire certains délais et coûts de transaction. Elles offrent également des perspectives d’amélioration pour les chaînes d’approvisionnement qui mobilisent plusieurs modes de transport. Les bénéfices effectifs dépendront toutefois de l’adaptation des procédures nationales, des systèmes numériques et des pratiques des opérateurs concernés. La dimension internationale de cette initiative mérite également d’être soulignée. Selon le registre officiel des traités des Nations Unies, 26 États ont signé la Convention le 26 octobre
2026, parmi lesquels le Gabon, la République démocratique du Congo, la Côte d’Ivoire, le Cameroun étant absent de cette première liste de signataires. Cette mobilisation traduit l’intérêt porté à l’harmonisation des règles commerciales et à la modernisation des échanges
dans un environnement où la fluidité des chaînes logistiques constitue un enjeu de compétitivité.
La signature ne signifie cependant pas une entrée en vigueur immédiate. La Convention prévoit qu’elle prendra effet 180 jours après le dépôt du dixième instrument de ratification, d’acceptation, d’approbation ou d’adhésion. Pour le Gabon, la prochaine étape consistera
donc à accomplir les procédures nationales nécessaires à sa ratification, condition préalable à l’application de ses dispositions dans le cadre prévu par le texte. À travers cet engagement, le pays s’inscrit dans une dynamique internationale visant à rapprocher les règles juridiques des évolutions du commerce et du transport de marchandises. La portée économique de cette adhésion se mesurera désormais à la capacité de traduire ce cadre commun en pratiques opérationnelles, au bénéfice des entreprises, des transporteurs et des acteurs de la chaîne logistique nationale.







