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mardi, novembre 3, 2026
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FILIERE BOIS : MOPAT VEUT POSITIONNER LE GABON SUR LE MARCHE DU MOBILIER FINI

Le groupe panafricain MOPAT envisage d’implanter au Gabon une unité industrielle spécialisée dans la fabrication de meubles finis. Présenté au ministre des Eaux et Forêts, Maurice Ntossui Allogo, le 27 octobre 2026 à Libreville, ce projet vise à renforcer la troisième transformation du bois, encore faiblement représentée dans la chaîne de valeur nationale.

De la transformation locale à la fabrication de produits finis.

Le Gabon entend franchir une nouvelle étape dans la valorisation de ses ressources forestières. Le 27 octobre 2026, à Libreville, le ministre des Eaux et Forêts, chargé du Conflit Homme- Faune, Maurice Ntossui Allogo, a reçu une délégation de MOPAT Group Gabon, conduite par
Habyba Thiero, cofondatrice et coordinatrice des projets, accompagnée de Djimet Beassoum, directeur des opérations. Au centre des échanges figurait un projet d’implantation d’une usine dédiée à la fabrication de mobilier fini, en synergie avec les artisans locaux et reposant sur la valorisation d’essences de bois diversifiées.

Cette initiative s’inscrit dans la politique de transformation locale engagée par le Gabon depuis l’interdiction d’exportation du bois en grumes. Après le développement des activités de sciage et de fabrication de produits semi-finis, l’enjeu est désormais de renforcer les capacités industrielles permettant de convertir davantage la ressource forestière en biens manufacturés. Cette orientation a déjà contribué à faire évoluer le poids économique de la filière. Selon les données communiquées par le ministère, sa contribution au produit intérieur brut (PIB) est passée de 116 milliards de FCFA en 2010 à 444 milliards de FCFA en 2021.

Toutefois, cette progression ne s’est pas accompagnée d’un développement équivalent de tous les maillons de la chaîne. La première transformation concentre environ 15 % des activités, contre 8 % pour la deuxième et seulement 3,5 % pour la troisième. Ce déséquilibre met en évidence les marges de progression du secteur dans la fabrication de produits à plus forte valeur ajoutée, notamment les meubles et autres articles finis destinés aux marchés nationaux et internationaux.

Un potentiel industriel à convertir en débouchés commerciaux.

Pour les autorités, le développement de ces segments constitue un levier de diversification économique. Le ministère entend porter la contribution du secteur forestier à 10 % du PIB à l’horizon 2032, contre 3,2 % actuellement, en privilégiant notamment les deuxième et
troisième transformations. La question de l’emploi renforce également l’intérêt de cette orientation. Entre 2010 et 2022, les effectifs de l’industrie forestière sont passés de 4 095 à 8 884 emplois, soit une progression de 117 %. Le développement de nouvelles unités industrielles pourrait prolonger cette dynamique, tout en favorisant l’acquisition de compétences dans les métiers de la fabrication et de l’ameublement. L’ambition portée par MOPAT repose également sur une meilleure articulation entre industrie et savoir-faire locaux. En associant les artisans gabonais à la production de mobilier fini et en diversifiant les essences utilisées, le projet entend élargir les possibilités de valorisation de la ressource nationale. Cette démarche suppose néanmoins de structurer les approvisionnements, de garantir une qualité constante des produits et de disposer d’équipements adaptés aux exigences de fabrication.

La question des débouchés sera tout aussi déterminante. Le développement de la demande en zone CEMAC et dans l’espace de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) figure parmi les perspectives évoquées lors des échanges. Ces marchés pourraient offrir de
nouvelles opportunités commerciales aux fabricants gabonais, à condition que leurs produits répondent aux exigences de prix, de finition et de compétitivité face aux meubles importés. La capacité à identifier des acheteurs et à construire des circuits de distribution constituera donc un facteur déterminant pour la viabilité économique de l’unité envisagée.

Saluant une démarche en phase avec les orientations nationales de transformation durable des ressources forestières, Maurice Ntossui Allogo a réaffirmé l’accompagnement de son département ministériel pour favoriser la concrétisation de cet investissement. À ce stade,
l’annonce traduit une intention d’implantation et non encore la mise en service d’une unité industrielle. Les prochaines étapes devront notamment permettre de préciser le montant de l’investissement, les capacités de production envisagées, le calendrier de réalisation et les emplois attendus.

Pour le Gabon, l’enjeu dépasse ainsi la création d’une nouvelle usine. Il s’agit de consolider un modèle forestier dans lequel la ressource ne constitue plus seulement un produit à transformer, mais aussi le point de départ d’une industrie nationale capable de concevoir, fabriquer et commercialiser des produits finis. La concrétisation du projet MOPAT permettra de mesurer la capacité du pays à franchir ce nouveau palier industriel.

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