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BIODIVERSITE : LE WWF AFRIQUE APPELLE A ACCELERER LA MISE EN ŒUVRE DES ENGAGEMENTS

Une étude du WWF Afrique révèle des avancées dans l’intégration des objectifs mondiaux de biodiversité aux politiques nationales. Mais le manque de financements et les difficultés d’application freinent encore les résultats, à quatre ans de l’échéance de 2030.

Les pays africains renforcent leurs politiques de protection de la biodiversité, mais peinent encore à traduire leurs engagements en résultats concrets. C’est le constat d’une étude publiée le 27 octobre 2026 à Erevan par le WWF Afrique, alors que les ministres se préparent au segment de haut niveau de la COP17. Intitulé Des engagements à l’action, le rapport examine les progrès de 16 pays africains dans la mise en œuvre du Cadre mondial de la biodiversité de Kunming-Montréal. Les données témoignent d’une mobilisation institutionnelle : 98 % des pays africains ont soumis des objectifs nationaux en matière de biodiversité, 80 % ont transmis leur septième rapport national et 67 % ont actualisé leur stratégie et leur plan d’action nationaux.

Des initiatives freinées par le manque de moyens.

Plusieurs expériences illustrent les avancées du continent. En Namibie, la conservation communautaire a contribué à étendre les espaces protégés. Le Sénégal mène des opérations de restauration des terres dégradées, tandis que Madagascar poursuit la restauration de ses écosystèmes. Au Cameroun, près de 400 plans de gestion des forêts communautaires couvrent plus de 1,4 million d’hectares. En Ouganda, la restauration des forêts et des zones humides contribue également au maintien des moyens de subsistance locaux.

Malgré ces initiatives, l’insuffisance des financements, les capacités institutionnelles limitées, les faiblesses des systèmes de suivi et les difficultés de coordination ralentissent les progrès. « L’Afrique ne manque pas d’engagements en faveur de la biodiversité. Ce qui fait défaut, ce sont les financements, la détermination politique et la responsabilisation nécessaires pour transformer ces engagements en résultats », souligne Durrel Halleson, responsable des politiques et des partenariats au WWF Afrique.

La COP17 attendue sur les financements.

Pour le WWF, la biodiversité doit dépasser le seul périmètre des ministères de l’Environnement et être intégrée aux politiques de développement, aux budgets et aux décisions concernant notamment l’agriculture, les infrastructures, la finance, la foresterie et la pêche.
Le président du Groupe africain des négociateurs sur la biodiversité, Ousseynou Kassé, appelle également à des financements adéquats, au renforcement des capacités et à des partenariats durables pour soutenir la mise en œuvre du Cadre mondial. Le WWF Afrique demande ainsi à la COP17 de favoriser des financements plus prévisibles et accessibles, d’améliorer le suivi des engagements et de renforcer la participation des communautés locales, des peuples autochtones, des femmes et des jeunes. À quatre ans de l’échéance de 2030, l’enjeu est désormais de mesurer les progrès à partir des résultats obtenus : restauration des écosystèmes, protection des espèces et bénéfices pour les populations.

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