Présenté cette semaine lors d’une conférence de presse en ligne sous forme de webinaire, le Rapport Planète Vivante 2026 du WWF met en évidence une baisse moyenne de 80 % de la taille des populations de vertébrés sauvages suivies en Afrique entre 1970 et 2022. Un recul supérieur à la moyenne mondiale, qui met en lumière l’ampleur des pressions exercées sur les écosystèmes du continent.
Un recul africain supérieur à la moyenne mondiale.
Le chiffre est particulièrement lourd. En Afrique, la taille des populations de vertébrés sauvages suivies a diminué de 80 % en moyenne entre 1970 et 2022, selon l’Indice Planète Vivante établi par la Société zoologique de Londres (ZSL). À l’échelle mondiale, le recul atteint 73 % sur la même période. L’Afrique figure ainsi parmi les régions les plus touchées, derrière l’Amérique latine et les Caraïbes, où la baisse
atteint 95 %, et devant l’Asie-Pacifique, à 49 %. Le WWF apporte toutefois une précision essentielle : ces pourcentages ne signifient pas que 80 % des animaux africains ont disparu. L’indice mesure la variation moyenne cumulée de la taille des populations suivies sur différents sites. La base mondiale comprend 35 803 séries de données couvrant 5 790 espèces de vertébrés.
Derrière cette évolution se trouve une accumulation de pressions sur les milieux naturels. La perte et la dégradation des habitats constituent la menace la plus fréquemment signalée, auxquelles s’ajoutent la surexploitation, le changement climatique, la pollution, les espèces exotiques envahissantes et les maladies. Le phénomène est particulièrement préoccupant dans le Bassin du Congo. L’expansion agricole, les activités forestières et minières, les routes et autres infrastructures contribuent à ouvrir et fragmenter les espaces forestiers. La chasse non durable et le braconnage viennent accentuer cette pression. Selon le WWF, les populations d’éléphants de forêt d’Afrique ont ainsi chuté de plus de 60 % au cours des dernières décennies.
Une tendance qui peut encore être inversée.
Le rapport ne se limite pourtant pas à dresser un constat de dégradation. Il souligne qu’environ la moitié des populations suivies à l’échelle mondiale sont stables ou en augmentation : 43 % progressent et 7 % restent stables. Le problème tient donc aussi à l’ampleur des baisses, qui dépasse celle des hausses. Le WWF cite plusieurs exemples de rétablissement. Certaines populations d’éléphants d’Afrique australe progressent, tandis que les populations mondiales de tigres sauvages ont augmenté de plus de 70 % entre 2010 et 2025. La tortue verte est, pour sa part, passée en 2025 de la catégorie « En danger » à celle de « Préoccupation mineure » sur la Liste rouge de l’UICN, après cinq décennies d’actions coordonnées.
Ces résultats donnent une autre lecture du chiffre africain. La baisse de 80 % traduit une dégradation profonde des populations suivies, mais les cas de rétablissement montrent que les trajectoires peuvent évoluer lorsque les mesures de protection sont maintenues dans le temps. Le WWF met notamment en avant des objectifs précis, des plans adaptables, une action soutenue et l’implication des communautés.
Pour le continent, le constat dressé par l’Indice Planète Vivante appelle donc moins à un simple renforcement ponctuel des mesures qu’à leur inscription dans la durée. Les exemples cités par le rapport montrent que lorsque cette continuité existe, les populations animales peuvent aussi repartir à la hausse.







