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vendredi, octobre 9, 2026
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Gabon : l’économie se redresse, les fragilités persistent

Après un recul marqué en début d’année, l’économie gabonaise renoue avec une évolution positive au deuxième trimestre 2026. Selon la Direction générale de l’Économie et de la Politique fiscale (DGEPF), cette reprise s’appuie sur les performances de plusieurs branches industrielles, des BTP et des services financiers. Elle demeure toutefois fragile, dans un contexte international moins porteur et marqué par des contraintes énergétiques et budgétaires persistantes.

Un environnement international sous pression.

Le ralentissement de l’économie mondiale constitue un défi supplémentaire pour les économies de la sous-région. Les tensions géopolitiques, les différends commerciaux et la hausse des prix de l’énergie continuent de peser sur les perspectives de croissance. Selon les projections présentées dans la note de conjoncture du deuxième trimestre 2026 de la DGEPF, la croissance mondiale devrait atteindre 3,0 % en 2026, contre 3,5 % en 2025. La Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cémac) devrait également subir cette décélération, avec une croissance attendue à 3,0 %, après 3,7 % l’année précédente. Dans cet environnement incertain, la capacité des économies de la zone à mobiliser leurs ressources internes et à soutenir les activités productives devient déterminante.

Un redressement après le recul du premier trimestre.

Au Gabon, les indicateurs font apparaître une amélioration au deuxième trimestre. Après une contraction de 4,3 % au premier trimestre, l’activité économique enregistre une progression de 0,6 % sur la période suivante. Ce retournement traduit une reprise de certaines activités, sans pour autant signifier que l’ensemble de l’économie a retrouvé une dynamique durable. Les performances observées restent en effet inégales selon les secteurs, tandis que plusieurs contraintes continuent de limiter les perspectives de développement. Dans le secteur primaire, les activités extractives se redressent et l’agriculture de rente bénéficie de l’évolution favorable de certaines productions. Le palmier à huile progresse de 0,6 %, tandis que le caoutchouc affiche une hausse de 4,6 %. Ces résultats contribuent à soutenir l’activité, même si leur incidence globale dépend notamment de leur poids dans la production nationale.

Les BTP et l’industrie affichent des progressions marquées.

Ces évolutions témoignent d’un regain d’activité dans plusieurs segments de l’appareil productif. Toutefois, l’ampleur des hausses enregistrées dans certaines branches doit être appréciée au regard de leur niveau d’activité initial et de leur contribution effective à la croissance. Des progressions importantes en pourcentage ne se traduisent pas nécessairement par un effet équivalent sur l’ensemble de l’économie. À l’inverse, le gaz industriel, les matériaux de construction, la fonderie et le raffinage enregistrent des reculs. Ces contre-performances soulignent la fragilité de la reprise et les disparités qui persistent au sein du tissu industriel.

Les services financiers soutiennent la dynamique.

Dans le secteur tertiaire, le transport et les services aux particuliers évoluent favorablement, tandis que les télécommunications, le commerce pharmaceutique et l’hôtellerie ralentissent. Le secteur financier affiche, pour sa part, des indicateurs encourageants. Le total bilan des banques progresse de 2,3 %, porté par une augmentation de 6,5 % des dépôts. La microfinance enregistre également une hausse de 13,0 % de ses dépôts.

Le Mobile Money renoue avec une évolution positive, à 3,4 %, après un recul de 2,5 % à fin mars. Cette progression marque une amélioration de l’indicateur, sans permettre à elle seule de conclure à une accélération durable des transactions numériques. Le secteur des assurances se distingue avec une hausse de 60,9 %, attribuée aux nouveaux chantiers publics et privés. Cette évolution met en évidence le lien entre l’activité du secteur des assurances et la réalisation de projets économiques. Elle invite également à suivre l’évolution des investissements et des chantiers pour apprécier la pérennité de cette dynamique.

Le pouvoir d’achat et les contraintes structurelles restent des points de vigilance.

Malgré ces signes d’amélioration, la conjoncture demeure soumise à plusieurs pressions. L’inflation atteint 0,5 % au cours des six premiers mois de l’année, avec des hausses plus marquées dans les communications (+8,3 %), les transports (+2,6 %) et l’alimentation (+1,7 %).
Ces évolutions entretiennent des tensions sur les dépenses des ménages, en particulier dans les domaines essentiels. Elles rappellent que le redressement de l’activité ne se traduit pas automatiquement par une amélioration équivalente du pouvoir d’achat. Par ailleurs, la faiblesse de la commande publique, les contraintes énergétiques et les marges de manœuvre budgétaires limitées continuent de peser sur les perspectives économiques. Ces facteurs peuvent freiner l’investissement, compliquer les conditions de production et ralentir la diffusion de la reprise entre les différents secteurs.

Consolider la reprise au-delà du rebond trimestriel.

Le deuxième trimestre 2026 marque une inflexion positive pour l’économie gabonaise, après le recul enregistré en début d’année. Les performances des BTP, de plusieurs branches industrielles et des services financiers témoignent d’une capacité de redressement dans
certaines composantes de l’activité. Pour autant, la progression de 0,6 % doit être interprétée avec prudence. La consolidation de cette dynamique dépendra de la capacité du pays à réduire les contraintes énergétiques, à soutenir l’investissement productif et à renforcer les moteurs internes de croissance.

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