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jeudi, octobre 8, 2026
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GABON : TRANSFORMER LE CAPITAL NATUREL EN AVANTAGE ÉCONOMIQUE

Le Rapport Planète Vivante 2026 du WWF rappelle qu’environ la moitié du PIB mondial dépend d’une manière ou d’une autre de la nature. Pour le Gabon, cette équation prend une dimension particulière : la Banque mondiale estime que le capital naturel représente 42 % de la richesse nationale, tandis que la valeur des services écosystémiques forestiers a atteint 75,1 milliards de dollars en 2020. L’enjeu n’est donc plus seulement de préserver les forêts, mais de mieux convertir cette richesse naturelle en croissance, en emplois, en investissements et en financements durables.

Une richesse naturelle déjà mesurée en milliards.

Le Gabon dispose d’un actif que peu d’économies peuvent revendiquer à cette échelle. Plus de 90 % du territoire est couvert de forêts, selon les données de la Banque mondiale. Dans son analyse de la richesse nationale, l’institution estime que le patrimoine du pays atteignait 105 milliards de dollars en 2020, dont 42 % relevaient du capital naturel. La donnée la plus significative concerne toutefois les services rendus par les écosystèmes forestiers. Entre 2000 et 2020, leur valeur a presque doublé pour atteindre 75,1 milliards de dollars, dont environ 99 % liés aux services de rétention du carbone. Les forêts gabonaises retenaient par ailleurs environ 29,8 milliards de tonnes de CO₂ en 2020.

Ces chiffres changent la manière de regarder la forêt. Elle n’est plus seulement une réserve de bois ou un espace à protéger. Elle constitue également un actif économique qui fournit des services climatiques, environnementaux et productifs. Le problème est précisément celui de leur valorisation. La Banque mondiale souligne que le Gabon ne reçoit pas encore une rémunération à la hauteur de ces services climatiques. Autrement dit, une partie importante de la richesse générée par le patrimoine naturel reste difficile à transformer en recettes, investissements ou capacités de développement.

De la conservation à la création de valeur.

Le défi consiste alors à passer d’une logique de conservation à une logique de création de valeur à partir de la conservation. L’expérience du secteur forestier montre déjà qu’une telle transformation est possible. Selon la Banque mondiale, l’interdiction d’exporter les grumes et la création de la zone économique spéciale de Nkok ont contribué à développer la transformation du bois. En 2023, la filière forestière représentait 3,2 % du PIB et 6 % des exportations, tout en fournissant près de 15 000 emplois.

Cette logique peut être élargie à d’autres secteurs. La Banque mondiale identifie notamment la transformation du bois, des minerais et des produits agricoles, l’écotourisme et l’agriculture comme des activités susceptibles de renforcer la création de valeur autour du capital naturel gabonais. C’est précisément là que le message du WWF prend une portée économique pour le Gabon. Son rapport estime que la nature constitue une composante majeure de l’économie mondiale et appelle à une réorientation des financements vers les activités capables de restaurer ou de préserver les écosystèmes. Pour le Gabon, la conservation peut ainsi être articulée avec la transformation locale, le financement climatique et l’investissement privé. Les chiffres de la Banque mondiale donnent déjà une mesure de cette richesse ; reste à multiplier les mécanismes capables de la convertir en activités économiques et en revenus durables, sans dégrader le patrimoine qui les produit.

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