Dans son Rapport Planète Vivante 2026, présenté cette semaine lors d’une conférence de presse en ligne sous forme de webinaire, le WWF attire l’attention sur les pressions croissantes qui affectent le Bassin du Congo. Mais le rapport met également en avant une autre réalité : là où les communautés participent directement à la gestion des territoires et bénéficient de la conservation, des populations animales peuvent se rétablir.
Une pression croissante sur les forêts du Bassin du Congo.
Le Bassin du Congo concentre une partie des enjeux les plus sensibles de la biodiversité africaine. Le WWF y relève une multiplication des pressions liées à l’expansion agricole, à l’exploitation forestière et minière, mais également au développement des routes et d’autres infrastructures qui facilitent l’accès aux forêts et contribuent à leur fragmentation. À ces facteurs s’ajoutent la chasse non durable et le braconnage.
Les conséquences dépassent la seule disparition ou raréfaction de certaines espèces. Le communiqué du WWF établit notamment un lien entre le recul des éléphants de forêt, la régénération des forêts, les services écosystémiques et le stockage du carbone. Selon les données citées par l’organisation, les effectifs des éléphants de forêt d’Afrique ont diminué de plus de 60 % au cours des dernières décennies, principalement sous l’effet du braconnage pour l’ivoire et de la perte d’habitat. Cette situation donne une dimension particulière à la conservation dans cette région. Protéger les espèces revient aussi à préserver les fonctions écologiques assurées par les écosystèmes forestiers.
Faire des populations locales des acteurs de la conservation.
Le WWF met toutefois en avant des expériences qui montrent qu’une autre trajectoire est possible. En Afrique australe, certaines populations d’éléphants de savane progressent dans des zones où les cadres juridiques permettent aux communautés locales de participer directement à la gestion des terres et de la faune, tout en bénéficiant de cette gestion. Le modèle présenté repose donc moins sur une logique de protection imposée que sur une implication directe des populations vivant au contact des espaces naturels. Le WWF insiste sur la nécessité de donner aux peuples autochtones, aux communautés locales et aux institutions concernées le pouvoir d’agir, des responsabilités et des bénéfices concrets liés à la préservation de la nature.
Le rapport souligne ainsi que les opérations de conservation, aussi nécessaires soient-elles, ne suffiront pas si les systèmes économiques continuent parallèlement de dégrader les habitats et d’accentuer les pressions climatiques. Les expériences citées par le WWF en Afrique australe montrent qu’une gestion associant les communautés peut accompagner le rétablissement de certaines populations animales. Pour le Bassin du Congo, cette approche place directement la gouvernance des territoires et les bénéfices accordés aux populations au cœur des dispositifs de conservation.







