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mercredi, octobre 7, 2026
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BIODIVERSITÉ : LE WWF IDENTIFIE LES TROIS SYSTÈMES À TRANSFORMER

Le WWF ne présente pas la crise de la biodiversité comme le seul résultat d’une accumulation de pressions exercées sur les écosystèmes. Dans son Rapport Planète Vivante 2026, l’organisation remonte jusqu’aux mécanismes économiques qui alimentent cette dégradation. Trois systèmes concentrent l’essentiel du problème : l’énergie, l’alimentation et l’agriculture, ainsi que la finance. Leur transformation pourrait, selon le rapport, déclencher des « points de bascule positifs », c’est-à-dire des moments où le changement devient suffisamment rapide pour s’auto-alimenter.

L’énergie a déjà franchi un seuil.

Le premier système est celui de l’énergie. Le WWF estime que la combustion du charbon, du pétrole et du gaz représente près des trois quarts des émissions de gaz à effet de serre à l’origine du changement climatique. Le rapport considère toutefois que ce secteur est le plus avancé dans sa transformation. Les énergies renouvelables, notamment solaire et éolienne, ont bénéficié de baisses de coûts, d’améliorations technologiques et d’un déploiement croissant. Le WWF estime que le système énergétique mondial a désormais franchi un point de bascule positif et se trouve dans une phase d’accélération.

L’exemple du solaire illustre cette dynamique. La disponibilité de systèmes photovoltaïques moins coûteux favorise aujourd’hui leur déploiement dans différents contextes, notamment pour l’électrification de zones rurales et le renforcement de la résilience de certaines chaînes d’approvisionnement. Pour autant, le rapport ne considère pas la transition comme acquise. Il souligne que les politiques publiques, les investissements et la stabilité des règles restent déterminants pour accompagner le mouvement.

Agriculture et finance : le prochain basculement.

La situation est différente pour le système alimentaire. L’agriculture constitue, selon le WWF, la principale cause de perte et de dégradation des habitats et un moteur majeur du déclin de la biodiversité. Elle représente également une source importante d’émissions de gaz à effet de serre. Le système alimentaire mondial se trouve encore dans une phase d’amorçage. Les leviers identifiés sont la généralisation de pratiques de production positives pour la nature, la promotion d’une alimentation plus saine et durable, ainsi que la réduction des pertes et du gaspillage alimentaires.

La finance constitue le troisième levier. Et les chiffres montrent l’ampleur du décalage. En 2023, environ 7 300 milliards de dollars ont été consacrés à des activités nuisibles à la nature, contre 220 milliards destinés à sa protection ou à sa restauration. Le WWF considère donc que l’allocation des capitaux doit devenir un instrument de transformation économique. Cela suppose de mieux intégrer les risques liés à la nature dans les décisions financières, d’améliorer les données disponibles, de renforcer la transparence et de revoir les incitations publiques.

Le rapport insiste notamment sur la réforme des subventions. En 2022, les subventions aux énergies fossiles ont atteint 7 000 milliards de dollars, tandis que les subventions agricoles jugées néfastes sont estimées à 470 milliards de dollars par an. Dans cette lecture, l’énergie offre déjà un exemple de transformation accélérée. L’agriculture et la finance restent, elles, à un stade plus précoce. Le WWF mise sur la combinaison des politiques publiques, de l’investissement, des entreprises et des choix des consommateurs pour faire évoluer ces deux secteurs.

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