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mercredi, septembre 30, 2026
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Intelligence artificielle : le Gabon veut passer de consommateur à acteur

Gabon veut désormais franchir un nouveau cap dans la révolution de l’intelligence artificielle. Le pays a lancé, à Libreville, les travaux visant à élaborer sa stratégie nationale d’intelligence artificielle (IA), avec l’ambition de mieux maîtriser cette technologie et d’en faire un levier au service de ses priorités de développement.

Organisé par le ministère de l’Économie numérique, de la Digitalisation et de l’Innovation, en partenariat avec le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), l’atelier se tient du 28 septembre au 2 octobre 2026. Il rassemble des représentants de l’administration, du secteur privé, des universités, de la société civile, des institutions de formation et de la jeunesse. L’objectif est de dresser un état des lieux de l’intelligence artificielle au Gabon, d’identifier les besoins et les priorités, puis de poser les bases d’une feuille de route nationale.

« Passer de consommateur à acteur ».

Dès l’ouverture des travaux, la Secrétaire générale du ministère de l’Économie numérique, Aline Minko Etoua, a donné le ton. « La question n’est pas de savoir si le Gabon doit faire de l’IA, mais à quelle vitesse passer de consommateur à acteur », a-t-elle déclaré. Pour le Gabon, l’enjeu est donc de dépasser le simple recours aux solutions développées à l’extérieur pour renforcer progressivement les compétences et les capacités nationales dans le domaine de l’intelligence artificielle. La première journée de l’atelier est consacrée au diagnostic du paysage national de l’IA. Ce travail doit permettre de mieux cerner les ressources disponibles, les insuffisances, les opportunités ainsi que les domaines dans lesquels l’intelligence artificielle pourrait être mobilisée.

Gouvernance et souveraineté numérique.

Cette réflexion intervient alors que l’essor de l’IA soulève de nouvelles questions en matière de gouvernance et de protection des données.
Pour les participants, la future stratégie devra notamment intégrer la formation, l’éthique, la protection des données et la souveraineté numérique. Il s’agit également de déterminer les conditions permettant au pays d’adopter ces technologies tout en veillant à leur adéquation avec les réalités nationales. La formation constitue, à ce titre, un enjeu majeur. La disponibilité de compétences capables de concevoir, déployer et encadrer les solutions d’IA sera déterminante pour permettre au Gabon de développer un écosystème national.

Une IA tournée vers les besoins des Gabonais.

Le PNUD entend accompagner cette démarche en privilégiant une approche centrée sur les besoins humains et le développement inclusif.
La représentante résidente adjointe du PNUD Gabon, Soahangy Mamisoa Rangers, a ainsi appelé à construire une intelligence artificielle « au service de l’humain, inclusive et responsable ». Elle a également souligné la place de la jeunesse gabonaise dans cette transformation, estimant qu’elle en sera à la fois l’une des principales bénéficiaires et l’une des principales actrices.

Les travaux doivent notamment permettre de faire émerger des cas d’usage concrets dans plusieurs secteurs prioritaires : éducation, santé, agriculture, administration publique et emploi. L’objectif est de faire de l’IA non pas une technologie réservée aux spécialistes, mais un outil susceptible de répondre à des besoins concrets de la population et de l’économie.

Une feuille de route en construction.

usqu’au 2 octobre, les participants devront donc contribuer à définir une vision commune, des objectifs et les conditions de mise en œuvre de la future stratégie nationale. Cette démarche repose sur la participation de plusieurs composantes de la société gabonaise afin de faire émerger une stratégie qui tienne compte à la fois des ambitions technologiques du pays et de ses réalités économiques et sociales.

À terme, le Gabon entend ainsi disposer d’un cadre permettant d’orienter le développement et l’utilisation de l’intelligence artificielle, tout en renforçant ses capacités nationales. Avec cette première étape, le pays ouvre un chantier stratégique : celui de déterminer non seulement la place que l’intelligence artificielle occupera dans son économie et sa société, mais aussi la capacité du Gabon à devenir un acteur de sa propre transformation numérique.

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