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lundi, septembre 28, 2026
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MILINGUI : LE FER GABONAIS PASSE DE LA PROMESSE AU CHANTIER

Après près de neuf années d’exploration, le projet de fer de Milingui entre dans une phase plus concrète. Les premières infrastructures apparaissent sur le terrain, tandis que l’État prévoit désormais une production nationale de 1,5 million de tonnes de minerai de fer en 2027. Entre mise en exploitation, logistique, emplois et diversification des recettes minières, le projet doit encore transformer son potentiel géologique en production effective.

Des infrastructures commencent à matérialiser le projet.

Le projet de Milingui franchit une nouvelle étape dans la province de la Nyanga. Lors d’une visite effectuée le 24 septembre sur le site développé par Havilah Mining Gabon, l’Agence Gabonaise de Presse a constaté l’avancement des travaux préparatoires. Les équipements et matériels roulants se renforcent, une station-service temporaire de 20 000 litres approvisionne le chantier et deux guérites sont en construction. Sur l’axe conduisant au terminal, l’entreprise chinoise COVEC finalise également un important dalot sur la rivière Dounou. Une plateforme destinée à accueillir une station-service de Petro Gabon est par ailleurs en cours d’aménagement.

La base-vie du projet doit également prendre forme sur un nouveau site, dont les travaux de terrassement précèdent les fondations. Ces éléments ne constituent pas encore une production minière, mais ils montrent que le projet dispose désormais d’un dispositif matériel en cours de déploiement. Cette évolution intervient après la signature, le 15 mai 2026 à Libreville, de la convention d’exploitation entre l’État et Havilah Mining Gabon. Le ministère des Mines présente cette convention comme la première convention relative à un gisement de fer appelée à entrer en exploitation au Gabon.

500 millions de tonnes de potentiel, 35 millions de tonnes pour la première phase.

Selon les données communiquées par Havilah Mining Gabon, le gisement disposerait d’un potentiel estimé à environ 500 millions de tonnes de minerai de fer. La première phase doit cibler près de 35 millions de tonnes de minerai à expédition directe, ou DSO (Direct Shipping Ore). Lors de la signature de la convention, l’opérateur indiquait que cette première phase devait permettre de lancer l’exploitation avant d’envisager une montée en puissance.

Le calendrier communiqué par les autorités fixe l’entrée en exploitation à novembre 2026. En mars dernier, la Présidence avait déjà inscrit Milingui parmi les projets miniers de la Nyanga dont le chronogramme devait être accéléré. La première exportation annoncée pour la fin de 2026 constitue donc une échéance à surveiller. Elle devra être appréciée à partir d’éléments très concrets : achèvement des infrastructures, acheminement du minerai, fonctionnement du terminal et chargement effectif des premières cargaisons.

Une nouvelle ligne dans les perspectives économiques.

L’enjeu dépasse le seul périmètre de la Nyanga. Pour la première fois, le projet de loi de finances 2027 retient officiellement le démarrage de la production de minerai de fer, avec un volume projeté de 1,5 million de tonnes. Cette hypothèse est intégrée aux prévisions macroéconomiques du gouvernement aux côtés du pétrole, du manganèse et du bois.

Cette donnée doit toutefois être lue avec prudence : le document budgétaire ne précise pas que les 1,5 million de tonnes projetées proviendront exclusivement de Milingui. Il s’agit d’une hypothèse de production nationale de minerai de fer. Le changement est néanmoins significatif pour la diversification économique. Le Gabon cherche à élargir sa base productive au-delà de ses filières historiques, tout en renforçant la contribution du secteur minier. Dans le cas de Milingui, le passage à la production permettra surtout de mesurer la capacité du projet à générer effectivement activité, emplois, transport, sous-traitance et recettes.

L’emploi et la logistique comme premiers tests.

Lors de la signature de la convention, Havilah Mining Gabon annonçait environ 530 emplois directs et 1 100 emplois indirects pour la première phase. Une deuxième phase, envisagée à trois ans, porterait ces perspectives à environ 830 emplois directs et plus de 2 000 emplois indirects. Ces chiffres restent des prévisions de l’opérateur et non des emplois déjà créés. C’est précisément pourquoi la phase actuelle est importante : la transformation du projet en activité industrielle permettra de confronter ces projections aux réalités du terrain.

Le développement des infrastructures constitue également un enjeu central. La présence de COVEC sur les travaux d’accès et l’avancement des installations montre que l’exploitation du minerai dépend d’un ensemble logistique qui dépasse le seul périmètre de la mine.

Du potentiel géologique à la valeur économique.

Milingui dispose désormais d’un cadre juridique, d’un opérateur, d’un calendrier annoncé et de premières infrastructures visibles. Le véritable test commence toutefois avec le passage de cette phase préparatoire à une production régulière. Pour le Gabon, l’enjeu n’est donc plus seulement de disposer d’un important potentiel ferrifère. Il est désormais de transformer ce potentiel en tonnes effectivement produites, transportées et commercialisées, tout en maximisant les retombées économiques locales.

L’inscription du minerai de fer dans les hypothèses du budget 2027 donne à cette transition une dimension supplémentaire. Elle signifie que le démarrage attendu de la filière entre désormais dans les projections économiques de l’État. Reste à savoir à quelle vitesse Milingui pourra passer du chantier à la production et, surtout, quelle place cette nouvelle activité occupera dans la diversification minière du Gabon.

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