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lundi, septembre 21, 2026
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Transports : fin de la gratuité, la CNT prend les commandes avec 149 véhicules

Le transport public gabonais change de modèle. À l’issue du Conseil des ministres délocalisé du 18 septembre à Port-Gentil, le gouvernement a acté le lancement opérationnel de la Compagnie nationale de transport (CNT), née de la fusion-absorption de Sogatra et de Transurb. Dotée d’un parc initial de 149 véhicules, la nouvelle compagnie doit progressivement prendre en charge le transport interurbain puis urbain. Pour les usagers, cette réforme marque surtout la fin de la gratuité et l’introduction d’une nouvelle grille tarifaire.

Un opérateur public unique.

Après Sogatra et Transurb, place à la CNT. Le gouvernement gabonais entend désormais regrouper les moyens humains, matériels et financiers des deux anciennes compagnies au sein d’un seul opérateur public. La décision a été annoncée lors du Conseil des ministres tenu le 18 septembre à Port-Gentil, sous la présidence du chef de l’État, Brice Clotaire Oligui Nguema. Le ministre d’État chargé des Transports, de la Marine marchande et de la Logistique, Ulrich Manfoumbi Manfoumbi, a présenté la communication relative au lancement opérationnel de la nouvelle compagnie.

À travers cette réforme, l’exécutif dit vouloir optimiser la gestion des ressources, améliorer la qualité du transport urbain et interurbain et étendre la couverture du réseau national. La CNT est organisée conformément aux règles de l’Organisation pour l’harmonisation en
Afrique du droit des affaires (Ohada) et doit fonctionner comme un opérateur public unifié.

149 véhicules pour démarrer.

Pour son lancement, la CNT disposera d’un parc de 149 véhicules. Celui-ci comprend 100 autobus Eicher, 25 autobus SML, six Coaster, 12 camions-citernes, cinq camions semi-remorques et un camion Canter. Le déploiement du nouveau dispositif se fera en deux étapes.
La première concernera le transport interurbain. Depuis Libreville, des liaisons sont prévues notamment vers Lambaréné, Mouila, Lébamba, Tchibanga, Makokou, Oyem et Bitam. La seconde phase sera consacrée au transport urbain dans le Grand Libreville. Le projet prévoit neuf lignes, 20 points de vente de titres de transport et 300 points d’arrêt à aménager.

La gratuité prend fin.

Pour les usagers, le changement le plus important reste la fin de la gratuité des transports publics. Le gouvernement prévoit l’introduction progressive d’une nouvelle grille tarifaire. Plusieurs catégories de titres sont annoncées : « Pass social », « Élève », « Étudiant », « Urbain » et « Famille ». Des tickets à usage unique et des titres journaliers seront également proposés. Sur les lignes interurbaines, les prix seront établis en fonction des distances parcourues. Cette nouvelle politique tarifaire accompagne la volonté affichée des autorités d’assurer une
meilleure viabilité financière du service public de transport.

Les emplois préservés.

La création de la CNT ne devrait pas se traduire par une rupture sociale pour les salariés des deux anciennes compagnies. Le gouvernement annonce en effet le maintien intégral des emplois et la reprise des contrats de travail. Les personnels de Sogatra et de Transurb doivent ainsi intégrer la nouvelle structure. La fusion vise donc également à rationaliser les moyens existants tout en conservant les compétences accumulées au sein des deux opérateurs historiques.

Des missions élargies.

La CNT ne sera pas uniquement chargée du transport de voyageurs. Le projet de loi adopté par le Conseil des ministres lui attribue également des missions dans le transport de marchandises, la gestion des gares routières et des pôles d’échanges multimodaux, la location de matériels de transport ainsi que la formation professionnelle aux métiers du secteur. La nouvelle société d’État sera placée sous la tutelle technique du ministère chargé des Transports. Elle bénéficiera par ailleurs d’un « droit privilégié et prioritaire » pour l’exploitation des lignes déclarées d’intérêt général.

Vers un transport davantage numérisé.

La modernisation du secteur doit aussi passer par le numérique. Le gouvernement prévoit notamment la dématérialisation des paiements et le suivi en temps réel des véhicules grâce à « Gabon Mobilités ». L’objectif affiché est d’améliorer le suivi de la flotte, la gestion du réseau et, à terme, l’expérience des usagers. Avec la CNT, les autorités veulent ainsi tourner la page de la gestion séparée de Sogatra et de Transurb et installer un opérateur public unique.

Reste désormais à voir comment cette nouvelle organisation se traduira concrètement sur le terrain : disponibilité des véhicules, régularité des lignes, niveau des tarifs et qualité du service seront autant d’éléments déterminants pour les usagers. Avec la CNT, le transport public gabonais entre ainsi dans une nouvelle phase, marquée par la réorganisation du secteur, la mise en place d’un opérateur unique et la fin de la gratuité.

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