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mardi, octobre 13, 2026
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Gabon : le torchage du gaz bientôt soumis à une taxe environnementale

Le gouvernement gabonais prépare une nouvelle taxe environnementale sur le torchage du gaz naturel. Annoncée lors du Conseil des ministres du 8 octobre 2026, cette mesure vise à réduire les impacts environnementaux de l’exploitation des hydrocarbures, à limiter le gaspillage des ressources naturelles et à encourager les opérateurs pétroliers à mieux valoriser le gaz. Le barème et le calendrier d’application restent toutefois à préciser.

Le Gabon entend renforcer sa politique de fiscalité verte dans le secteur des hydrocarbures. Réuni le jeudi 8 octobre 2026, le Conseil des ministres a pris bonne note de la communication du ministre de l’Économie, des Finances, de la Dette et des Participations, chargé de la Lutte contre la vie chère, relative à la création prochaine d’une taxe environnementale sur le torchage du gaz naturel. Cette initiative s’inscrit dans une volonté de mieux encadrer les pratiques liées à l’exploitation pétrolière, tout en faisant de la préservation de l’environnement et de la valorisation des ressources naturelles des priorités de l’action publique. Selon le communiqué final du Conseil des ministres, la future taxe concernera le gaz naturel torché ou rejeté lors des activités d’exploration, de développement, de production et de traitement des hydrocarbures sur le territoire national.

Le torchage du gaz, un enjeu environnemental et économique.

Le torchage consiste à brûler le gaz naturel associé à l’exploitation pétrolière. Cette pratique peut notamment être utilisée lorsque le gaz ne peut pas être récupéré, transporté ou commercialisé dans des conditions techniques et économiques satisfaisantes. Si elle permet de gérer une partie du gaz produit au cours des opérations pétrolières, elle entraîne également des émissions polluantes et représente une perte potentielle de ressources énergétiques.

À l’échelle mondiale, la Banque mondiale a estimé que le volume de gaz torché avait atteint 151 milliards de mètres cubes en 2024, occasionnant des pertes énergétiques évaluées à environ 63 milliards de dollars. Ces données illustrent l’ampleur du phénomène, même si elles ne permettent pas, à elles seules, de mesurer la situation particulière du Gabon. Dans ce contexte, l’instauration d’une taxe environnementale pourrait inciter les opérateurs pétroliers présents dans le pays à revoir certaines pratiques et à investir davantage dans des solutions de récupération du gaz.

Une fiscalité destinée à encourager la valorisation du gaz.

Au-delà de son objectif environnemental, la mesure envisagée par les autorités gabonaises entend favoriser une meilleure utilisation du gaz naturel. La récupération de cette ressource pourrait notamment contribuer à la production d’énergie ou alimenter des activités industrielles, sous réserve de la disponibilité des infrastructures nécessaires et de la viabilité économique des projets.

Pour le Gabon, l’enjeu consiste ainsi à limiter les pertes tout en recherchant de nouvelles retombées économiques. Une meilleure valorisation du gaz pourrait contribuer à diversifier les usages des ressources issues de l’exploitation des hydrocarbures et à renforcer leur contribution à l’économie nationale. Toutefois, les effets concrets de cette orientation dépendront notamment des investissements
nécessaires, des capacités techniques des installations et des conditions dans lesquelles les opérateurs pourront récupérer et commercialiser le gaz.

Des recettes publiques supplémentaires en perspective.

La création de cette taxe s’inscrit également dans une logique de renforcement des recettes publiques et de diversification des instruments fiscaux de l’État. En intégrant davantage les enjeux environnementaux à la fiscalité pétrolière, les autorités souhaitent encourager les entreprises à prendre en compte le coût environnemental de leurs activités. Le dispositif devra néanmoins trouver un équilibre entre l’objectif de réduction du torchage, les impératifs de rentabilité des opérations pétrolières et les investissements nécessaires à la valorisation du gaz. À ce stade, aucune estimation officielle des recettes que pourrait générer cette taxe n’a été précisée dans le communiqué du Conseil des ministres. Son impact budgétaire dépendra notamment du barème retenu, des volumes concernés et des modalités de recouvrement.

Un dispositif dont les modalités restent à définir.

Si le principe de la création prochaine de cette taxe a été présenté au Conseil des ministres, plusieurs éléments restent en attente de précisions. Le montant de la taxe, son mode de calcul, les conditions d’application aux différents opérateurs ainsi que sa date effective d’entrée en vigueur devront être déterminés par les textes correspondants. Ces éléments seront essentiels pour apprécier la portée réelle du dispositif et les obligations qui incomberont aux entreprises du secteur pétrolier.

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