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mardi, avril 14, 2026
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Gabon : le secteur privé capte près de 80 % des crédits bancaires malgré un durcissement financier

Au Gabon, le financement de l’économie par les banques commerciales montre une nette réorientation en faveur du secteur privé, selon les dernières données conjoncturelles publiées pour la fin de l’année 2025. Portés par une activité plus soutenue dans plusieurs branches productives, les concours bancaires aux entreprises privées ont fortement progressé, confirmant leur rôle central dans la dynamique du crédit. Sur le seul quatrième trimestre 2025, les prêts accordés au secteur privé ont enregistré une hausse de 10,5 %. Ils concentrent désormais 78,4 % de l’ensemble des financements distribués par les établissements bancaires. Sur l’ensemble de l’année, l’encours de ces crédits affiche une progression de 9,6 %, traduisant une demande soutenue, notamment dans des secteurs stratégiques.

Trois domaines se distinguent particulièrement dans cette expansion : l’énergie (électricité et gaz), les industries extractives – incluant pétrole et mines – ainsi que l’agriculture. Ces activités, considérées comme des piliers de la croissance nationale, captent l’essentiel des flux de financement en raison de leur potentiel de rentabilité et de leur poids économique. À l’inverse, les financements destinés à l’État ont fortement diminué en fin d’année. Ils accusent un repli de 35 % au quatrième trimestre 2025. Les entreprises publiques restent également en marge du système bancaire, ne représentant que 7,4 % du total des crédits, malgré une légère augmentation de leur encours.

Dans le même temps, certains indicateurs bancaires traduisent des tensions croissantes. Les dépôts de la clientèle ont reculé de 2,9 %, ce qui exerce une pression sur la liquidité des banques, alors même que le total de leur bilan n’a progressé que modestement (+2,2 %). La qualité du portefeuille de crédit suscite également des préoccupations. Les créances en souffrance ont connu une hausse marquée de 21,4 % en 2025, atteignant 9,7 % des crédits bruts. Cette dégradation pourrait inciter les banques à durcir leurs conditions d’octroi, dans un contexte déjà marqué par un environnement monétaire plus contraignant.

En effet, la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) a relevé son principal taux directeur de 25 points de base en décembre 2025, le portant à 4,75 %, contre 4,50 % auparavant. Cette orientation a été maintenue au premier trimestre 2026, dans un souci de préservation de la stabilité monétaire, alors que les réserves de change s’érodent et que le taux de couverture extérieure de la monnaie s’établit à 67 %.

Conséquence directe de ce resserrement monétaire, le coût du crédit a sensiblement augmenté dans la zone CEMAC. Le taux effectif global moyen est ainsi passé de 9,71 % au troisième trimestre à 11,50 % au quatrième trimestre 2025, renchérissant l’accès au financement pour les agents économiques.

Dans ce contexte, si le secteur privé demeure le moteur du crédit bancaire au Gabon, les tensions sur la liquidité, la hausse du coût de l’argent et la détérioration de la qualité des actifs pourraient freiner, à court terme, la poursuite de cette dynamique.

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