Malgré une couverture 4G de 95 % de la population, l’accès à l’Internet mobile reste limité au Gabon, notamment en raison du coût des smartphones. Dans un nouveau rapport, la GSMA préconise des réformes fiscales, des équipements plus abordables et le développement
des services publics numériques pour permettre à près de 190 000 personnes supplémentaires d’accéder à l’Internet mobile d’ici 2031.
Dans son rapport intitulé « L’économie numérique du Gabon : les réformes politiques qui stimuleront l’avenir numérique du Gabon », la GSMA met en évidence un paradoxe : malgré les progrès réalisés en matière de connectivité, une partie importante de la population ne profite pas encore des possibilités offertes par le numérique. Quatre personnes sur dix utilisent actuellement l’Internet mobile, tandis que plus de la moitié des habitants vivant dans une zone couverte par le haut débit mobile restent non connectés. Pour réduire cet écart, l’organisation recommande notamment de diminuer la TVA de 18 % appliquée aux smartphones d’entrée de gamme et de proposer des solutions de financement adaptées aux ménages modestes. Elle invite également les fabricants, les opérateurs et les partenaires financiers à contribuer à la réduction du coût des équipements.
Au-delà de l’accessibilité des smartphones, la GSMA plaide pour le développement de services publics numériques dans les domaines de la santé, de l’éducation et des démarches administratives. Le Gabon dispose déjà de dispositifs comme Digitax et la dématérialisation des procédures douanières, qui pourraient servir de base à une extension des services accessibles depuis un téléphone. L’organisation recommande également de renforcer les compétences numériques, notamment dans les petites et moyennes villes, et de faciliter les paiements mobiles. Sur le plan économique, elle préconise de réduire progressivement les prélèvements sectoriels supportés par les opérateurs télécoms, actuellement équivalents à 11 % de leur chiffre d’affaires brut, pour les ramener à 3 %. La simplification de la fiscalité et la poursuite des investissements dans les infrastructures, particulièrement en zones rurales où la couverture 4G atteint 70 %, figurent également parmi les pistes avancées.
Selon les projections du rapport, la mise en œuvre de ces réformes pourrait faire passer le nombre d’abonnés uniques à l’Internet mobile de 1,06 million en 2026 à 1,48 million en 2031, contre 1,30 million en l’absence de réformes. Les retombées économiques pourraient également se traduire par une hausse nette d’environ 63 milliards de FCFA des recettes publiques annuelles à cet horizon. Ces estimations restent toutefois conditionnées à la mise en œuvre effective des mesures proposées. Pour le Gabon, l’enjeu dépasse désormais la seule extension de la couverture réseau : il s’agit de rendre les équipements accessibles, de développer les usages numériques et de transformer la connectivité en véritable levier d’inclusion et de croissance économique.







