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mardi, novembre 3, 2026
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INVESTISSEMENTS PUBLICS : 1 162 PROJETS RECENSÉS, LE DÉFI DU SUIVI ET DE L’EXÉCUTION

Le portefeuille national des projets publics est passé de 675 à 1 162 projets à l’issue de la nouvelle cartographie présentée le 30 octobre 2026. Cette progression de 72 % traduit un élargissement de la connaissance des investissements conduits sur le territoire. Mais au-delà du nombre de projets recensés, l’enjeu est désormais de disposer d’informations fiables sur leur financement, leur état d’avancement et leurs retombées économiques. Alors que le Gouvernement prévoit 1 058,4 milliards de FCFA de dépenses d’investissement pour 2027, la qualité du suivi et la capacité d’exécution des administrations seront déterminantes.

Une cartographie élargie à l’ensemble du territoire.

Le Gabon dispose désormais d’une base de données plus étendue sur les projets publics recensés dans ses neuf provinces. Présentés le 30 octobre 2026 au ministère de la Planification et de la Prospective, les résultats de la mission complémentaire de cartographie font état de 1 162 projets, contre 675 lors du premier recensement lancé en avril 2025. Au total, 487 projets supplémentaires ont été intégrés, soit une progression de 72 %. Conduite par le Commissariat général au Plan, avec l’appui de la Banque mondiale à travers le projet HISWACA, cette opération visait à actualiser les informations relatives aux investissements publics et à renforcer les outils de planification et de suivi. La collecte complémentaire s’est déroulée du 10 au 24 mai 2026 dans les neuf provinces. Cinq équipes ont été mobilisées pour vérifier les projets déjà répertoriés et identifier de nouvelles initiatives, à partir des documents administratifs, des constats effectués sur les sites accessibles et des informations recueillies auprès des administrations déconcentrées. Cette actualisation doit notamment permettre de mieux connaître la répartition des investissements selon les territoires, les ministères concernés, les sources de financement et les niveaux d’exécution. Elle offre ainsi une base de travail plus large pour apprécier la cohérence des projets avec les priorités du Plan national de croissance et de développement (PNCD) 2026-2030.

Un outil numérique pour suivre les chantiers.

L’autre avancée concerne la mise à disposition d’un dispositif numérique de consultation des données. Selon les explications rapportées par L’Union à l’issue de l’atelier de restitution, le Commissariat général au Plan s’appuie sur Power BI pour présenter les résultats de la cartographie. Cet outil permet de croiser les informations par province, par axe du PNCD et par source de financement. La matrice permet également de consulter l’état des projets, notamment ceux qui sont en cours, achevés ou non achevés. L’objectif est de donner aux décideurs une vision territorialisée des investissements et de mieux identifier les besoins dans des domaines comme les routes, l’énergie, la formation ou les infrastructures scolaires. Le dispositif est appelé à s’intégrer au futur Système intégré de gestion des investissements publics (SIGIP). Cette évolution apporte une dimension opérationnelle à la cartographie. Elle ne doit toutefois pas être confondue avec une publication complète des résultats d’exécution. Les informations rendues publiques dans les comptes rendus consultés ne donnent pas encore le nombre exact de projets achevés, en cours ou non démarrés parmi les 1 162 recensés. Ces données devront être obtenues auprès du Commissariat général au Plan pour permettre une analyse quantitative plus poussée.

Un effort budgétaire à rapprocher des capacités d’exécution.

La question du suivi prend une importance particulière au regard des orientations budgétaires annoncées pour 2027. Le projet de loi de finances adopté en Conseil des ministres le 18 septembre 2026 prévoit un budget de l’État équilibré à 6 223,1 milliards de FCFA. Les dépenses d’investissement sont évaluées à 1 058,4 milliards de FCFA, dont 287,3 milliards de financements extérieurs. Ces montants restent des prévisions budgétaires : ils ne constituent pas des dépenses déjà exécutées. Le communiqué du Conseil des ministres précise par ailleurs que les dépenses d’investissement étaient évaluées à 1 169,1 milliards de FCFA dans le collectif budgétaire 2026 et relève une baisse de 110,7 milliards de FCFA sur les projets financés par les recettes budgétaires. Cette évolution invite à examiner avec attention les arbitrages opérés dans la programmation des investissements. La mobilisation des ressources ne représente qu’une partie du défi. La maturité des projets, la disponibilité des études techniques, la passation des marchés, la régularité des paiements et la coordination entre administrations conditionnent également le démarrage et l’achèvement des chantiers. Une programmation ambitieuse ne garantit donc pas, à elle seule, la réalisation des infrastructures annoncées.

Mesurer les retombées économiques des investissements.

Au-delà des montants inscrits dans les budgets et du nombre de projets recensés, les résultats devront être appréciés à partir des réalisations concrètes. Routes praticables, infrastructures scolaires et sanitaires opérationnelles, accès à l’eau et à l’électricité, équipements productifs : ce sont ces réalisations qui permettront de mesurer la contribution de l’investissement public à l’activité économique et aux conditions de vie des populations. La cartographie actualisée peut contribuer à cette évaluation, à condition que les données soient régulièrement mises à jour et que les informations sur les délais, les coûts, les financements et les résultats soient accessibles. Elle pourrait également faciliter l’identification des projets qui nécessitent des arbitrages ou un accompagnement particulier. Le passage de 675 à 1 162 projets constitue ainsi une étape dans l’amélioration de la connaissance du portefeuille public. La prochaine exigence sera de démontrer que cette meilleure visibilité se traduit par une programmation plus rigoureuse, une exécution plus efficace et des investissements dont les effets sont effectivement perceptibles dans les territoires.

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