Planification, infrastructures, emploi et diversification : le Ministère de la Planification et de la Prospective veut placer les investissements structurants au cœur de la transformation économique du Gabon.
Au Gabon, la question n’est plus seulement de mobiliser des financements pour réaliser des projets publics. L’enjeu est désormais de sélectionner et de préparer des investissements capables de produire des effets durables sur l’économie et la société. Dans un entretien accordé à Économie Gabon Plus, le Ministère de la Planification et de la Prospective détaille sa conception de l’investissement structurant et les mécanismes mis en place pour transformer les priorités nationales en projets concrets. Selon le Ministère, un investissement structurant doit dépasser la simple réalisation d’une infrastructure ou d’un équipement. Il doit constituer un véritable levier de transformation.
« Un investissement structurant est un projet dont les effets dépassent largement son
objectif immédiat. »
Cette définition place l’impact économique et social au centre de la décision publique. Les projets sont notamment appréciés à travers leur contribution à la diversification de l’économie, leur capacité à créer de la valeur ajoutée locale, leur impact sur l’emploi et leur effet d’entraînement sur d’autres secteurs. Transport, énergie, santé, éducation, numérique et transformation locale des ressources naturelles figurent ainsi parmi les secteurs identifiés comme prioritaires.
De l’idée au financement.
La sélection d’un projet structurant obéit à plusieurs étapes. L’identification du besoin peut provenir d’un ministère sectoriel, d’une collectivité locale ou d’un acteur public. Le projet est ensuite confronté aux priorités nationales avant de passer par des études de préfaisabilité et de faisabilité. Les dimensions socio-économiques, financières et environnementales sont également examinées avant la priorisation et l’inscription dans les instruments de programmation des investissements publics. Cette démarche traduit une volonté de renforcer la qualité de la préparation des projets avant leur présentation aux partenaires financiers.
« La clé réside dans la qualité de leur préparation. ».
Pour le Ministère, un projet « bancable » doit notamment reposer sur des études techniques solides, une analyse coûts-bénéfices crédible, une évaluation rigoureuse des risques et un modèle économique viable.
Investir sans fragiliser les finances publiques.
L’autre enjeu majeur est celui de la soutenabilité de la dette. Le Ministère affirme que chaque investissement doit être examiné en fonction de son impact sur les finances publiques, de ses conditions de financement et de sa contribution à la croissance future. « La soutenabilité de la dette constitue un principe non négociable de notre action. » L’ambition affichée est donc de rapprocher la programmation des investissements, la mobilisation des financements et l’évaluation des résultats. Car pour le Ministère, la mobilisation de ressources ne constitue pas une finalité en elle-même. « La mobilisation des ressources n’est pas une fin en soi. Ce qui compte, ce sont les résultats obtenus. »







