La Banque mondiale alerte sur les risques liés au portefeuille des entreprises publiques gabonaises. Dans sa Revue des finances publiques 2026, l’institution estime à 1 154 milliards de FCFA les principaux risques budgétaires associés à ces entreprises, soit 9,1 % du PIB. Elle appelle le Gabon à renforcer la gouvernance, la transparence et la performance du secteur.
Le portefeuille de l’État compte désormais 163 entités, après plusieurs opérations ayant renforcé sa présence dans l’économie, notamment dans le secteur pétrolier avec les acquisitions d’Assala Energy et de Tullow Oil par la Gabon Oil Company (GOC). L’analyse de cinq grandes holdings, de la SEEG et de la SOGARA révèle une situation financière contrastée. Ces sept entreprises génèrent des revenus représentant environ 11 % du PIB, mais cumulaient en 2024 1 064 milliards de FCFA de dettes, contre 382,2 milliards de capitaux propres.
Des entreprises fragilisées.
La Banque mondiale relève notamment les difficultés de la CDC et du FGIS, tandis que la dette de la GOC a fortement progressé avec ses acquisitions pétrolières. La SEEG figure également parmi les principaux points de vigilance. En 2024, elle affichait 90,7 milliards de FCFA de capitaux propres négatifs, avec des pertes cumulées dépassant 127 milliards de FCFA. Pour la Banque mondiale, ces difficultés peuvent accroître l’exposition des finances publiques lorsque les entreprises ont besoin d’un soutien de l’État.
Une gouvernance à renforcer.
L’institution estime que le cadre de gouvernance doit être modernisé. Elle recommande notamment davantage d’administrateurs indépendants, des comités d’audit renforcés, des procédures plus transparentes de nomination des dirigeants et des contrats de performance pluriannuels. La Direction générale des Participations (DGPAR), qui compte 24 agents et dispose d’un budget inférieur à 100 millions de FCFA hors rémunérations, doit également bénéficier de moyens et de pouvoirs renforcés.
Rationaliser le portefeuille public.
La Banque mondiale préconise enfin la publication d’un premier rapport sur le portefeuille des entreprises publiques, le respect des obligations de publication des états financiers et l’adoption de la nouvelle loi sur leur gouvernance. Elle recommande également d’examiner une rationalisation des participations de l’État, notamment dans les secteurs non stratégiques ou concurrentiels, ainsi que la possibilité de faire évoluer progressivement le statut d’EPIC. Avec 1 154 milliards de FCFA de risques budgétaires identifiés, l’enjeu est désormais de
mieux maîtriser l’exposition des finances publiques tout en améliorant la performance et la transparence des entreprises publiques gabonaises.







