La participation du Gabon à la 81ᵉ Assemblée générale des Nations Unies a également servi de séquence préparatoire à deux rendez-vous internationaux consacrés à la gouvernance numérique. Entre la réunion ministérielle africaine de Libreville et la conférence de l’UIT à Doha, le pays cherche à renforcer sa présence dans les instances qui définissent les règles internationales du numérique.
Une candidature au Conseil de l’UIT.
En marge de l’UNGA81, le ministre de l’Économie numérique, de la Digitalisation et de l’Innovation, Mark-Alexandre Doumba, a participé à une consultation ministérielle de haut niveau de l’Union africaine consacrée à la gouvernance de l’Union internationale des télécommunications. Cette réunion avait notamment pour objectif de préparer les prochaines échéances africaines liées à la gouvernance de l’UIT. Le Gabon est candidat à l’un des 48 sièges du prochain Conseil de l’organisation, dont l’élection doit intervenir lors de la Conférence de plénipotentiaires prévue à Doha du 9 au 27 novembre 2026. La candidature s’inscrit ainsi dans une démarche diplomatique plus large : participer davantage aux discussions internationales qui concernent les télécommunications, les infrastructures numériques et les technologies émergentes.
Libreville avant Doha.
La prochaine étape se déroulera au Gabon. Une rencontre ministérielle de haut niveau de l’Union africaine est programmée à Libreville les 29 et 30 octobre 2026. Selon les éléments communiqués par le ministère, cette rencontre doit notamment aborder la régulation des contenus numériques, la monétisation des contenus au bénéfice de la jeunesse africaine ainsi que les relations avec les fournisseurs de services d’Internet satellitaire. La réunion doit également permettre aux États africains de rapprocher leurs positions sur plusieurs sujets structurants de la gouvernance technologique. Pour Libreville, cette séquence constitue donc un rendez-vous intermédiaire avant la conférence de Doha.
Construire une position africaine.
À New York, le Gabon a multiplié les échanges autour de ces enjeux, notamment lors de Digital@UNGA, du Tech & AI Forum et de la table ronde consacrée aux ambassades numériques et à la souveraineté de l’intelligence artificielle. Au-delà de la candidature gabonaise, ces différentes rencontres ont permis de mettre en avant plusieurs sujets communs au continent : souveraineté des infrastructures et des données, développement des compétences, accès aux technologies et participation africaine aux instances internationales de décision. Cette dimension collective apparaît également dans les travaux préparatoires de l’Union africaine. L’objectif est de définir des positions communes sur des questions dont les conséquences dépassent les frontières nationales.
Une diplomatie numérique à structurer.
La séquence ouverte à New York se poursuit donc selon un calendrier précis : Libreville fin octobre, puis Doha en novembre. Pour le Gabon, ces échéances constituent autant d’occasions de défendre ses priorités et de renforcer sa participation aux débats internationaux sur le numérique. La question dépasse toutefois la seule représentation institutionnelle. La capacité d’un pays à peser dans la gouvernance numérique dépend également de son niveau d’infrastructure, de ses compétences, de son écosystème technologique et de sa capacité à formuler des positions cohérentes avec ses intérêts économiques. La candidature du Gabon au Conseil de l’UIT s’inscrit ainsi dans une séquence où diplomatie numérique et transformation nationale se retrouvent étroitement liées.







