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lundi, septembre 28, 2026
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DETTE, BUDGET, FINANCEMENT : LE GABON FACE A L’EQUATION DU FMI

Au terme de sa mission menée du 14 au 25 septembre, le FMI n’a annoncé aucun nouveau programme avec le Gabon. Les discussions techniques vont toutefois se poursuivre autour de la dette, des finances publiques et des orientations budgétaires pour 2027. Pour l’État, l’enjeu consiste désormais à articuler ses besoins de financement, le poids du service de la dette et ses ambitions d’investissement.

Le dialogue avec le FMI entre dans une nouvelle phase.

Une équipe du Fonds monétaire international (FMI), conduite par Aliona Cebotari, a séjourné à Libreville du 14 au 25 septembre 2026 pour mener des discussions techniques avec les autorités gabonaises. Selon le communiqué publié par l’institution le 26 septembre, les échanges ont porté sur les conclusions de l’audit de la dette publique, l’évolution des finances publiques, les orientations budgétaires pour 2027 ainsi que le programme de réformes structurelles des autorités visant à améliorer la gestion des finances publiques.

À l’issue de cette mission, aucun nouveau programme n’a été conclu. Le FMI indique en revanche que les discussions techniques sur les finances publiques, la dette et les perspectives économiques se poursuivront dans les prochaines semaines, afin de préparer le terrain à des négociations sur un éventuel programme. Cette précision est importante : le processus se situe encore au stade des discussions techniques et ne préjuge pas de l’issue des négociations à venir.

Une nouvelle photographie de la dette.

Cette séquence intervient après l’audit de la dette et des autres passifs exigibles de l’État. Arrêté au 31 décembre 2025, le montant consolidé a été établi à 9 524,643 milliards de FCFA, contre près de 11 700 milliards dans l’estimation qui servait de référence au début des travaux. Le ratio correspondant ressort à 68,91 % du PIB, sur la base d’un PIB nominal 2025 estimé à 13 822 milliards de FCFA.

La baisse de 2 175,357 milliards de FCFA ne correspond pas à des remboursements. Selon les informations communiquées à l’issue de l’audit, elle résulte d’un travail de vérification, de correction, de consolidation et de reclassement des engagements retenus dans le périmètre. Le détail complet de cette révision doit toutefois être distingué du simple constat d’une baisse du stock : le chiffre de 9
524,643 milliards correspond à un stock consolidé de dette et de passifs exigibles, et non nécessairement à la seule dette publique au sens strict. Le rapport d’audit a été transmis au FMI et doit servir de base aux échanges avec les partenaires techniques et financiers ainsi qu’à la future stratégie de gestion de la dette.

Le coût de la dette pèse dans l’équation budgétaire.

Au-delà du stock, la question porte aussi sur les ressources nécessaires pour honorer les engagements financiers de l’État. En 2025, les charges financières de la dette ont atteint 504,4 milliards de FCFA, contre une prévision de 349,5 milliards, soit un taux d’exécution de 144,3 %. Pour 2027, le projet de loi de finances prévoit 667,3 milliards de FCFA de charges financières de la dette, contre 487,6 milliards dans la projection rectifiée pour 2026. Il prévoit également 2 022,4 milliards de FCFA de charges de trésorerie et de financement, dont 1 879,5 milliards d’amortissement de la dette et 142,9 milliards d’apurement d’arriérés. Ces montants montrent que le financement des engagements passés constitue une composante importante de l’équation budgétaire de 2027. Ils doivent être appréciés parallèlement aux dépenses que l’État souhaite consacrer à ses autres priorités.

Le budget 2027 entre ambition et besoin de financement.

Le projet de budget 2027 est équilibré en recettes et en dépenses à 6 223,1 milliards de FCFA, contre 5 495,2 milliards dans la loi de finances rectificative 2026. Les recettes de l’État sont évaluées à 3 291,7 milliards, tandis que les ressources de trésorerie et de financement atteindraient 2 931,4 milliards de FCFA. Cette dernière enveloppe comprend notamment 600 milliards de FCFA d’appuis budgétaires, 287,3 milliards de prêts-projets, 300 milliards de dette bancaire, 600 milliards à mobiliser sur le marché financier sous-régional ou intérieur et 1 144,1 milliards sur le marché financier international.

Dans le même temps, le gouvernement prévoit d’accélérer la mise en œuvre du PNCD 2026-2030, notamment à travers le développement des infrastructures et la transformation locale des ressources naturelles. Le projet de budget prévoit également des dépenses d’investissement et inscrit la conclusion et la mise en œuvre d’un programme de réformes économiques avec l’appui des partenaires
techniques et financiers.

L’équation à résoudre.

Le dialogue avec le FMI intervient donc à un moment où plusieurs paramètres doivent être conciliés : la gestion des engagements existants, le financement du budget 2027, l’apurement des arriérés et la poursuite des investissements publics. À ce stade, il serait prématuré d’attribuer au futur programme des conditions qui n’ont pas encore été annoncées. Le FMI indique seulement que les discussions techniques vont se poursuivre en vue de préparer de futures négociations. Pour le Gabon, la question est désormais de savoir comment articuler besoin de financement, coût de la dette et ambitions d’investissement, tout en consolidant la gestion des finances publiques. C’est sur cette équation que les prochaines discussions avec le Fonds permettront d’apporter davantage de visibilité.

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