À l’issue du Conseil des ministres présidé par Brice Clotaire Oligui Nguema, Président de la République, le Gouvernement a adopté le projet de loi de finances pour 2027, équilibré à 6 223,1 milliards de FCFA. Le budget progresse de 727,9 milliards par rapport à la LFR 2026. Mais cette évolution doit être lue à travers la progression des recettes, les ressources de trésorerie et de financement et le niveau des investissements prévus.
Des recettes en hausse de 48,3 milliards.
Le premier élément de lecture concerne les recettes de l’État. Pour 2027, elles sont évaluées à 3 291,7 milliards de FCFA, contre 3 243,5 milliards dans la LFR 2026, soit une progression de 48,3 milliards. Dans le même temps, le budget global passe de 5 495,2 milliards à 6 223,1 milliards de FCFA, soit 727,9 milliards supplémentaires. L’écart entre l’évolution des recettes et celle du budget global
constitue l’un des éléments centraux de l’équation financière du PLF 2027.
Les 6 223,1 milliards de FCFA ne correspondent donc pas au seul niveau des recettes de l’État. Le projet de budget intègre également 2 931,4 milliards de ressources de trésorerie et de financement. Les recettes prévues comprennent notamment 1 013,2 milliards de recettes pétrolières et 1 761,2 milliards de recettes hors pétrole, auxquels s’ajoutent 33,6 milliards de dons et fonds de concours
ainsi que 483,8 milliards de recettes affectées. Cette structure montre que le scénario budgétaire repose à la fois sur les recettes issues du secteur pétrolier et sur les recettes hors pétrole.
Un scénario de croissance porté par plusieurs secteurs.
Le cadrage retenu pour 2027 repose sur une croissance économique de 4,5 %, contre 4 % en 2026. Le hors-pétrole progresserait de 4,6 %, tandis que le secteur pétrolier augmenterait de 4,1 %. Le scénario ne repose pas uniquement sur l’évolution du prix du pétrole. Le prix du baril gabonais est projeté à 70 dollars en 2027, contre 80 dollars en 2026. Dans le même temps, la production pétrolière devrait atteindre 11,30 millions de tonnes métriques, contre 10,80 millions en 2026.
Le manganèse constitue un autre moteur du scénario, avec une production projetée à 10 345,7 milliers de tonnes, contre 9 525 milliers de tonnes en 2026. Le démarrage projeté de la production de minerai de fer est également intégré aux hypothèses, avec un volume de 1,5 million de tonnes attendu en 2027. Le scénario macroéconomique retenu articule ainsi plusieurs sources d’activité : pétrole, manganèse,
minerai de fer et activités hors pétrole.
Plus de 1 000 milliards de FCFA pour l’investissement.
Les dépenses d’investissement sont prévues à 1 058,4 milliards de FCFA en 2027, dont 287,3 milliards de financements extérieurs.
Ce niveau doit toutefois être comparé aux 1 169,1 milliards inscrits dans le collectif budgétaire 2026. La progression du budget global ne se traduit donc pas mécaniquement par une hausse de chacune des catégories de dépenses.
La structure budgétaire fait apparaître plusieurs arbitrages. Les dépenses de personnel atteindraient 963,9 milliards de FCFA, contre 958,6 milliards en 2026. Les dépenses de biens et services seraient ramenées à 480,5 milliards, contre 562,4 milliards. Les transferts sont, eux, prévus à 431,9 milliards. L’investissement constitue donc un poste majeur du projet de budget, mais son analyse doit être mise en
perspective avec l’ensemble de la structure des dépenses.
L’enjeu sera celui de l’exécution.
Le projet de loi de finances est présenté comme un instrument de mise en œuvre des orientations du Président de la République et du Plan National de Croissance et de Développement 2026-2030. Le Gouvernement prévoit notamment la poursuite du développement des infrastructures et le renforcement de la transformation locale des ressources naturelles. À ce stade, les chiffres permettent surtout d’identifier la structure du scénario budgétaire : 3 291,7 milliards de recettes, 2 931,4 milliards de ressources de trésorerie et de financement et 1 058,4 milliards de dépenses d’investissement.
L’exécution budgétaire permettra ensuite d’apprécier la mobilisation effective des ressources prévues et la réalisation des dépenses inscrites.
Le PLF 2027 pose ainsi une équation articulée autour de trois éléments : les recettes attendues, les ressources de trésorerie et de financement à mobiliser et les dépenses, notamment d’investissement, à exécuter. C’est cette articulation qui permettra de mesurer concrètement la portée économique du budget de 6 223,1 milliards de FCFA.







