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mardi, septembre 15, 2026
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DETTE PUBLIQUE : APRES L’AUDIT, LE GABON DOIT CHANGER DE TRAJECTOIRE

L’audit de la dette et des passifs exigibles de l’État au 31 décembre 2025 arrête le stock consolidé à 9 524,643 milliards de FCFA, soit un ratio indicatif de 68,91 % du PIB. En repassant sous le plafond communautaire de 70 %, le Gabon dispose d’une nouvelle photographie de ses engagements. Mais cette réévaluation ne constitue pas un désendettement : elle ouvre surtout une nouvelle étape dans la
gestion des finances publiques.

Une nouvelle référence pour la dette publique.

Lancé le 17 juin 2026, l’audit devait établir une situation consolidée des engagements financiers de l’État au 31 décembre 2025. Les travaux ont été conduits selon le Manuel de statistiques de finances publiques 2014 et le Guide du FMI sur les statistiques de la dette du secteur public. À l’issue de l’exercice, le Comité a arrêté le stock consolidé de référence à 9 524,643 milliards de FCFA, contre une
estimation initiale proche de 11 700 milliards.

L’écart de plus de 2 000 milliards de FCFA ne doit toutefois pas être assimilé à une baisse équivalente de la dette. Il résulte du travail de vérification, de qualification et de consolidation des engagements retenus dans le périmètre de l’audit. Le nouvel encours constitue ainsi avant tout une nouvelle base de référence pour le pilotage de la dette publique.

Un ratio repassé sous les 70 %.

Sur la base d’une première estimation du PIB nominal 2025 à 13 822 milliards de FCFA, le stock consolidé correspond à un ratio indicatif de 68,91 % du PIB. Le Gabon se retrouve ainsi juste sous le plafond communautaire de 70 % retenu dans le cadre de convergence de la CEMAC. Ce repositionnement améliore la lecture de la situation financière du pays par rapport aux estimations précédentes. Il ne signifie cependant pas que la contrainte d’endettement disparaît. À près de 69 % du PIB, le niveau reste élevé et doit être apprécié avec les capacités budgétaires, les contraintes de trésorerie et les échéances auxquelles l’État doit faire face.

L’enjeu est d’autant plus important que l’audit porte également sur les passifs exigibles, dont l’apurement progressif figure désormais parmi les objectifs affichés par le gouvernement. Le sujet ne se limite donc pas au montant de la dette : il concerne aussi la capacité de l’État à maîtriser l’ensemble de ses engagements et à éviter la formation de nouveaux arriérés.

De la photographie à la trajectoire.

Le rapport d’audit a été transmis au Fonds monétaire international et doit servir de référence aux échanges avec les partenaires techniques et financiers. Ses conclusions doivent également contribuer à définir une stratégie de gestion de la dette, d’apurement des passifs exigibles et de prévention de nouveaux arriérés. Cette nouvelle photographie intervient alors que le Gabon cherche à financer ses infrastructures et ses ambitions de transformation économique. Le passage sous le seuil communautaire peut constituer un élément favorable dans le dialogue financier, mais il ne doit pas être interprété comme une marge illimitée pour recourir à l’emprunt.

La priorité devient désormais la qualité de la dépense financée par la dette. Les nouveaux engagements devront être compatibles avec les capacités de remboursement de l’État et contribuer à renforcer durablement les recettes et l’activité économique. Après l’audit, le véritable changement de trajectoire ne sera donc pas seulement comptable. Il se mesurera à la capacité du Gabon à transformer une meilleure connaissance de ses engagements en discipline budgétaire durable : apurer les passifs existants, prévenir les nouveaux arriérés et orienter l’endettement vers des investissements créateurs de valeur et de recettes.

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