Désormais premier emprunteur du marché régional, le Gabon concentre 30,5 % des sommes prêtées aux États de la Cemac. Une situation qui, selon le FMI, accroît progressivement l’exposition des banques de la sous-région.
La dette gabonaise ne concerne plus seulement les finances publiques. Elle devient également un sujet de préoccupation pour le secteur bancaire régional. Dans une note confidentielle datée du 26 février, révélée par Africa Intelligence, le Fonds monétaire international (FMI) alerte sur l’exposition croissante des banques de la Cemac aux dettes souveraines.
Selon les données de la BEAC reprises dans cette note, les États de la Cemac doivent encore environ 9 400 milliards de francs CFA aux investisseurs du marché régional. Le Gabon représente à lui seul 30,5 % de ce montant, devant le Congo (29,5 %) et le Cameroun (19,4 %). La part gabonaise a progressé de 75 % en 2025, faisant de Libreville le principal emprunteur du marché régional.
Les banques en première ligne.
Pour financer ses dépenses et ses investissements, l’État émet des bons et obligations du Trésor, largement achetés par les banques. Selon le FMI, la dette publique représente désormais environ 32 % des actifs des banques de la Cemac, contre seulement 10 % en 2015.
Cette situation crée une dépendance croissante : plus les banques détiennent de titres d’un même État, plus elles sont exposées à ses éventuelles difficultés de remboursement. Le FMI ne prédit pas un défaut du Gabon et ne considère pas que les banques de la Cemac
soient en crise. Il met toutefois en garde contre une vulnérabilité grandissante du système financier régional.
Emprunter coûte désormais plus cher.
Autre signal préoccupant, les investisseurs se montrent plus prudents face aux émissions des États de la Cemac. Le taux de souscription est passé de 116 % en 2022 à 84 % en 2025. Dans le même temps, le rendement moyen des obligations du Trésor est passé de 8,9 % à 10 %. Les États doivent donc désormais proposer des rémunérations plus importantes pour attirer les investisseurs.







