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jeudi, septembre 3, 2026
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CONFORMITE ENVIRONNEMENTALE : AU GABON, LE DROIT D’OPERER DEVIENT UN ENJEU ECONOMIQUE

Longtemps considérée comme une contrainte réglementaire, la conformité environnementale s’impose désormais comme un facteur de compétitivité pour les entreprises gabonaises. Dans un entretien exclusif accordé à Économie Gabon Plus, Simplice Nteme, Directeur général de Green ConsulTech, analyse les conséquences économiques du durcissement des exigences environnementales, entre accès au financement, maintien des marchés et sécurisation des activités.

La performance financière ne suffit plus.

Pour Simplice Nteme, le modèle de compétitivité des entreprises gabonaises est en pleine mutation. « La performance financière pure, déconnectée de la durabilité, appartient au passé », affirme le Directeur général de Green ConsulTech. Désormais, la performance d’une entreprise doit se mesurer autant à sa rentabilité qu’à sa capacité à réduire son empreinte carbone, gérer ses déchets et préserver les ressources naturelles.

Cette évolution transforme progressivement les enjeux environnementaux en paramètres économiques à part entière. Pour le dirigeant, les entreprises qui ignorent ces exigences prennent le risque d’être écartées par certains donneurs d’ordres mondiaux. La conformité devient ainsi un élément de compétitivité et non plus seulement une obligation réglementaire.

Au Gabon, cette dynamique s’appuie sur un cadre juridique renforcé. Simplice Nteme cite notamment l’ordonnance n°019/PR/2021 du 13 septembre 2021 relative aux changements climatiques, ainsi que l’intensification des contrôles des services publics. Dans ce contexte, « la conformité environnementale devient le premier garant du droit d’opérer ». L’enjeu dépasse donc la simple conformité administrative. Les entreprises doivent désormais intégrer le risque environnemental dans leur stratégie afin de préserver la continuité de leurs activités et leur réputation auprès des communautés locales.

Financement et marchés : le risque environnemental devient financier.

Le non-respect des normes environnementales peut entraîner des conséquences juridiques et financières importantes : sanctions, suspensions d’activités et perturbations opérationnelles. Mais le risque touche également l’accès au financement. Selon Simplice Nteme, dans une conjoncture où la trésorerie des PME exige un pilotage rigoureux, « un défaut de conformité signifie l’arrêt immédiat des lignes de crédit internationales ».

Les conflits avec les populations riveraines peuvent, par ailleurs, paralyser un site d’exploitation et affecter directement la continuité de l’activité. L’environnement devient ainsi une composante de la gestion des risques économiques et opérationnels.

À l’international, les exigences se renforcent également. Les critères ESG des banques de développement, le mécanisme européen d’ajustement carbone aux frontières et le Règlement sur la Déforestation de l’Union européenne sont présentés comme de véritables barrières non tarifaires. Ces dispositifs influencent désormais l’accès aux capitaux et aux marchés d’exportation.

Pour les entreprises gabonaises, l’enjeu est donc d’anticiper ces transformations. La mise en conformité peut protéger l’activité, faciliter le maintien des financements et préserver l’accès aux marchés internationaux. « Le coût de l’inaction est infiniment plus élevé que le coût de la conformité », souligne Simplice Nteme.

L’analyse de Green ConsulTech dessine ainsi un nouveau rapport entre environnement et économie : au Gabon, la conformité environnementale tend désormais à devenir une condition de pérennité, de financement et de compétitivité pour les entreprises.

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