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vendredi, juillet 3, 2026
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ZLECAf : un PPP pour moderniser les douanes africaines

La Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) franchit une nouvelle étape dans la mise en œuvre de son marché unique. Le Secrétariat de l’organisation a conclu un accord avec le groupe nigérian Bergmans Security Consultant and Supplies Limited afin de lancer un vaste programme de modernisation des administrations douanières du continent. Ce projet, qui reposera sur un partenariat public-privé (PPP), vise à réduire les coûts des échanges, fluidifier la circulation des marchandises et renforcer les recettes douanières des États membres.

L’accord a été signé le 1er juillet à Lagos, en marge du Forum sur le commerce numérique 2026, par le secrétaire général de la ZLECAf, Wamkele Mene, et le président de Bergmans, Alhaji Saleh Ahmadu. Les deux parties présentent cette initiative comme un levier essentiel pour accompagner la mise en œuvre effective de l’accord de libre-échange africain et soutenir les objectifs de l’Agenda 2063 de l’Union africaine.

Vers des procédures douanières harmonisées

Au cœur du projet figure la création d’une infrastructure commune destinée à rapprocher les systèmes douaniers des pays africains. L’objectif est d’uniformiser les procédures de dédouanement, de simplifier les formalités administratives et d’améliorer la fluidité des échanges le long des principaux corridors commerciaux du continent.

Le programme prévoit notamment le déploiement de technologies d’inspection non intrusive des cargaisons, la mise en place de centres de données interconnectés, de plateformes électroniques de suivi des marchandises ainsi que de portails douaniers multilingues. À terme, ces outils devraient permettre aux administrations nationales de partager plus efficacement les informations et de réduire les délais de traitement aux frontières.

Le projet prévoit également le développement de postes-frontières à guichet unique, considérés comme un élément clé pour limiter les ruptures de charge et accélérer le transit des marchandises entre les États membres.

Pour le Secrétariat de la ZLECAf, cette modernisation constitue un préalable indispensable à l’application des protocoles relatifs à la facilitation des échanges et à l’harmonisation douanière.

Mobiliser les capitaux privés pour transformer les échanges

Contrairement aux programmes traditionnels financés par les budgets publics, cette initiative repose sur un modèle de partenariat public-privé. Bergmans assurera les investissements nécessaires au déploiement des infrastructures numériques et technologiques, réduisant ainsi la pression financière sur les États.

L’entreprise s’appuie sur l’expérience acquise au Nigeria à travers le Trade Modernisation Project (TMP), mis en œuvre pour le compte du Service des douanes nigérianes. Ce programme est présenté par ses promoteurs comme un modèle de modernisation ayant permis d’améliorer les performances des opérations douanières grâce à la digitalisation des procédures.

Pour les responsables de la ZLECAf, le recours aux financements privés doit permettre d’accélérer la transformation des administrations douanières tout en renforçant la transparence, la collecte des recettes fiscales et la lutte contre les fraudes.

Un levier pour renforcer le commerce intra-africain

Au-delà de la modernisation administrative, le projet répond à un objectif économique plus large : accroître les échanges commerciaux entre les pays africains.

Selon les données d’Afreximbank, le commerce intra-africain a atteint 210 milliards de dollars en 2025, soit environ 18 % des échanges réalisés sur le continent. Ce niveau demeure inférieur à celui observé dans d’autres grandes zones économiques, où les échanges régionaux occupent une place bien plus importante.

En réduisant les délais de dédouanement, en améliorant l’interconnexion des systèmes douaniers et en sécurisant les flux commerciaux, les promoteurs du projet espèrent créer un environnement plus favorable aux entreprises africaines et stimuler les investissements dans les chaînes de valeur régionales.

Pour Wamkele Mene, la réussite de la ZLECAf dépend désormais moins de la négociation de nouveaux accords que de leur mise en œuvre concrète. La modernisation des administrations douanières apparaît ainsi comme l’un des principaux chantiers susceptibles de transformer le marché unique africain en un espace commercial pleinement opérationnel et plus compétitif à l’échelle mondiale.

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