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vendredi, juillet 3, 2026
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ZLECAf : le marché numérique africain vise 712 milliards $

La transformation numérique s’impose comme l’un des principaux leviers de l’intégration économique du continent. Réunis à Lagos à l’occasion de la deuxième édition du Forum de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) sur le commerce numérique, les responsables de l’organisation ont plaidé pour une accélération de la ratification du Protocole sur le commerce numérique. Pour le secrétaire général de la ZLECAf, Wamkele Mene, ce cadre réglementaire est indispensable pour faire émerger un marché numérique intégré dont la valeur pourrait atteindre 712 milliards de dollars d’ici à 2050.

Aujourd’hui estimée à 180 milliards de dollars, soit 5,2 % du produit intérieur brut (PIB) africain, l’économie numérique du continent devrait représenter près de 8,5 % du PIB à l’horizon 2050. Cette évolution repose notamment sur l’essor du commerce électronique, des services numériques et des solutions de paiement dématérialisées.

Un cadre réglementaire pour fluidifier les échanges

Le Protocole sur le commerce numérique vise à créer un environnement harmonisé pour les échanges électroniques entre les États membres. Son objectif est de faciliter les transactions transfrontalières grâce à des règles communes, à des systèmes de paiement interopérables et à des mécanismes sécurisés de circulation des données.

Selon Wamkele Mene, cette harmonisation permettra aux entreprises africaines de commercer plus facilement sur le continent tout en réduisant les coûts liés aux échanges. L’intégration des systèmes de paiement constitue l’un des principaux piliers de cette stratégie. L’Afrique représente déjà près de 70 % de la valeur mondiale des transactions réalisées via la monnaie mobile, tandis que le Système panafricain de paiement et de règlement (PAPSS) contribue progressivement à limiter le recours aux devises étrangères dans les échanges intra-africains.

Le Nigeria apparaît comme un précurseur dans ce processus. Cochampion du commerce numérique avec le Kenya et l’Afrique du Sud, il est devenu le premier pays africain à obtenir l’approbation parlementaire du Protocole, ouvrant ainsi la voie à sa mise en œuvre effective.

Des défis persistants malgré un fort potentiel

Si les perspectives sont prometteuses, plusieurs contraintes continuent de freiner l’essor du commerce numérique africain. Les écarts d’accès à Internet, le coût élevé de la connectivité, la fragmentation des réglementations nationales, les risques liés à la cybersécurité ainsi que le manque de compétences numériques demeurent des obstacles majeurs, notamment pour les micro, petites et moyennes entreprises (MPME).

Pour le Secrétariat de la ZLECAf, ces défis nécessitent des investissements importants dans les infrastructures numériques, l’extension du haut débit et la formation des compétences afin de créer un marché digital véritablement intégré.

Le continent dispose néanmoins de solides atouts. Il concentre d’importantes réserves de minerais stratégiques, notamment le cobalt, le cuivre et près de 90 % des réserves mondiales de platine, indispensables au développement des technologies numériques. L’Afrique bénéficie également du plus fort potentiel mondial en énergie solaire et affiche un rendement moyen des investissements directs étrangers supérieur à la moyenne mondiale.

Des investissements structurants pour soutenir la croissance numérique

La montée en puissance de l’économie numérique devrait s’accompagner d’un important besoin en infrastructures. Selon les estimations présentées lors du forum, le continent aura besoin de près de 700 nouveaux centres de données ainsi que de 1 000 mégawatts supplémentaires de capacité énergétique afin de répondre à la demande croissante en services numériques.

Parallèlement, le Secrétariat de la ZLECAf multiplie les initiatives destinées à accompagner cette transition. Le programme Africa Digital Access and Public Infrastructure for Trade (ADAPT), actuellement expérimenté au Kenya, au Maroc et au Nigeria, ambitionne de simplifier les échanges grâce à une plateforme intégrant identités numériques, paiements électroniques, transferts de données et documents commerciaux dématérialisés.

L’organisation développe également, en partenariat avec Google, le programme ADIEP, qui prévoit de former gratuitement 7 500 petites et moyennes entreprises africaines au commerce numérique et à l’intelligence artificielle.

Pour la ZLECAf, la réussite de cette stratégie dépendra désormais de la capacité des gouvernements à accélérer les réformes, à harmoniser les réglementations et à renforcer les partenariats avec le secteur privé. À terme, l’objectif est de faire du commerce numérique un moteur de compétitivité, d’investissement et d’intégration économique à l’échelle du continent.

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