Le Gabon a officiellement mis un terme à l’Accord de partenariat dans le secteur de la pêche conclu avec l’Union européenne en 2007. Arrivé à échéance le 29 juin 2026, ce dispositif ne sera pas renouvelé, les autorités estimant qu’il ne répond plus aux objectifs de création de valeur, d’industrialisation et de diversification économique du pays. Libreville entend désormais orienter sa politique halieutique vers la transformation locale des ressources, le développement d’une industrie nationale de la pêche et un renforcement de sa souveraineté économique.
Après près de deux décennies de coopération dans le domaine de la pêche, Libreville met fin à un partenariat considéré comme en décalage avec ses nouvelles ambitions économiques. L’accord, conclu en 2007 avec l’Union européenne, n’a pas été reconduit à son expiration, une décision qui traduit la volonté des pouvoirs publics de reprendre la maîtrise de la valorisation de leurs ressources halieutiques.
Miser sur la transformation locale plutôt que sur l’exportation de la ressource
Les différentes évaluations réalisées au fil des années ont mis en évidence les limites économiques du partenariat. Si l’accord permettait à des flottilles européennes d’accéder aux eaux gabonaises, les bénéfices directs pour l’économie nationale sont restés jugés modestes au regard du potentiel halieutique du pays.
Une grande partie des captures était destinée à être transformée hors du territoire gabonais, limitant ainsi le développement d’une industrie locale capable de créer davantage de valeur ajoutée. Cette situation a freiné l’émergence d’activités industrielles liées à la transformation des produits de la mer, tout comme les opportunités d’emplois dans les métiers de la pêche, de la logistique et de l’agroalimentaire.
À travers cette nouvelle orientation, les pouvoirs publics souhaitent favoriser l’installation d’unités de transformation, encourager les investissements privés et renforcer les chaînes de valeur locales afin que les ressources halieutiques participent pleinement à la croissance de l’économie nationale.
Un choix stratégique au service de la souveraineté économique
Au-delà de la seule question des revenus issus de la pêche, cette décision s’inscrit dans une stratégie plus large de souveraineté économique. L’objectif affiché est de mieux contrôler l’exploitation des ressources maritimes tout en augmentant leur contribution à la sécurité alimentaire, à l’industrialisation et aux exportations de produits à plus forte valeur ajoutée.
Le gouvernement entend ainsi rompre progressivement avec un modèle fondé sur la simple extraction des ressources naturelles au profit d’une approche davantage orientée vers leur transformation sur le territoire national. Cette politique devrait également permettre de renforcer la compétitivité du secteur halieutique, de soutenir l’émergence d’entreprises nationales et d’améliorer les revenus générés par cette filière.
La fin de l’accord avec l’Union européenne marque ainsi une étape dans la redéfinition de la politique économique du Gabon. Reste désormais à concrétiser cette ambition par des investissements dans les infrastructures portuaires, les capacités industrielles, la formation des compétences et un cadre réglementaire susceptible d’attirer les opérateurs privés, conditions indispensables pour faire de la pêche un véritable levier de diversification économique.






