Routes et croissance : le Moyen-Ogooué face au coût de l’usure

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Hausse des coûts logistiques, ralentissement des échanges, usure accélérée des véhicules : la dégradation des axes Bifoun–Ndjolé et Bifoun–Lambaréné pèse lourdement sur l’économie du Moyen-Ogooué. En engageant des travaux d’urgence, l’État cherche moins à réparer l’asphalte qu’à contenir une perte de valeur économique devenue critique.

Par Jean-Rovys Dabany

Une route dégradée n’est jamais neutre. Elle renchérit le transport, désorganise les chaînes d’approvisionnement et fragilise la compétitivité des territoires qu’elle dessert. Dans le Moyen-Ogooué, les axes Bifoun–Ndjolé (56 km) et Bifoun–Lambaréné (71 km) illustrent cette réalité économique trop souvent sous-estimée.

Chaque ralentissement, chaque détour imposé, chaque panne mécanique se traduit par un surcoût. Pour les transporteurs, ce sont des charges supplémentaires. Pour les commerçants, des délais allongés. Pour les consommateurs, des prix qui montent. À l’échelle régionale, ces frictions cumulées finissent par peser sur la croissance locale.

Face à cette équation défavorable, le ministère des Travaux publics, conduit par Edgard MOUKOUMBI, a choisi l’option de l’urgence maîtrisée. En attendant l’installation des entreprises retenues pour la réhabilitation lourde des tronçons, des travaux ciblés de traitement des points critiques ont été lancés par la régie du ministère. L’objectif est clair : maintenir la fluidité minimale des échanges et éviter une paralysie progressive des axes stratégiques.

Cette situation met également en lumière une défaillance structurelle. Pendant près de dix ans, l’absence d’un programme d’entretien routier cohérent, conséquence du retrait des prérogatives du ministère au profit d’une agence dédiée, a transformé la maintenance préventive en succession d’interventions d’urgence. Une approche coûteuse, aussi bien pour l’État que pour les opérateurs économiques.

Depuis l’entrée du Gabon dans la Vᵉ République, une inflexion s’opère. Sous l’impulsion du Président de la République, Chef de l’État et Chef du Gouvernement, Brice Clotaire OLIGUI NGUEMA, la route est réaffirmée comme un levier stratégique de développement économique. L’enjeu dépasse le bitume : il s’agit de réduire les coûts logistiques internes, de désenclaver les bassins de production et de restaurer la confiance des investisseurs.

Déterminé à rompre avec la gestion du provisoire, Edgard MOUKOUMBI inscrit son action dans une logique de durabilité. Moderniser et préserver le réseau routier national, c’est investir dans la productivité, sécuriser les échanges et reconnecter les territoires à la création de valeur.

Dans cette équation, l’urgence n’est pas un luxe. Elle est un choix économique rationnel.