« Dans un contexte de maturité des champs pétroliers et de pression sur les recettes publiques, le Gabon explore de nouveaux leviers pour stabiliser et accroître sa production d’hydrocarbures. La signature d’un Contrat d’Exploitation et de Partage de Production (CEPP) avec ENIVA Petroleum SA, entreprise à capitaux et expertise locale, s’inscrit dans cette stratégie de valorisation des compétences nationales et de sécurisation de l’approvisionnement énergétique.
Le 16 janvier 2026, le ministre du Pétrole et du Gaz, Clotaire Kondja, a procédé à la signature d’un Contrat d’Exploitation et de Partage de Production (CEPP) entre l’État gabonais et la société ENIVA Petroleum SA. Cet accord marque une nouvelle étape dans la politique de dynamisation du secteur pétrolier, dans un pays où les hydrocarbures demeurent un pilier majeur de l’économie nationale.
Le CEPP confère à ENIVA Petroleum SA des droits d’exploration et d’exploitation sur des périmètres définis, dans un cadre contractuel qui prévoit un partage de la production entre l’État et l’opérateur, conformément à la réglementation en vigueur.
Un objectif clair : augmenter la production nationale
Au cœur de ce contrat figure une ambition chiffrée : générer des volumes additionnels estimés à près de 1 300 barils par jour, dès la phase de mise en production des premières découvertes.
Si ce volume peut sembler modeste à l’échelle globale, il revêt une importance stratégique dans un contexte de déclin naturel des champs matures. Chaque baril supplémentaire contribue à : soutenir les recettes budgétaires, maintenir le niveau d’exportations, préserver l’équilibre de la balance des paiements.
Cette approche graduelle, fondée sur des projets à taille maîtrisée, vise à optimiser la rentabilité tout en limitant les risques financiers.
ENIVA Petroleum SA : un acteur à ancrage national
ENIVA Petroleum SA est une entreprise opérant dans le secteur pétrolier et gazier au Gabon, avec une présence historique dans les activités de l’aval pétrolier. Son cœur de métier concerne notamment : la commercialisation de produits pétroliers, la distribution de carburants et produits dérivés, l’approvisionnement du marché national.
Ce positionnement confère à l’entreprise une connaissance fine des contraintes logistiques, des exigences réglementaires et des réalités du marché local. Avec ce CEPP, ENIVA franchit un cap stratégique en s’inscrivant davantage dans l’amont pétrolier, traduisant une volonté de montée en gamme et de diversification de ses activités.
Sécurité énergétique et régulation : un environnement encadré
L’accord s’inscrit dans un environnement marqué par : la régulation des prix des carburants, les impératifs de sécurité énergétique, et des défis logistiques liés à la géographie du pays et à l’état des infrastructures.
Sous la supervision du ministère du Pétrole et du Gaz et des autorités compétentes, ENIVA Petroleum SA évoluera aux côtés d’autres opérateurs du secteur, dans un cadre visant à garantir : la continuité de l’approvisionnement, le respect des normes environnementales et de sécurité, la conformité aux engagements contractuels de l’État.
Une orientation politique assumée
Au-delà de l’aspect contractuel, la signature de ce CEPP traduit une orientation politique claire : encourager l’émergence et la consolidation d’acteurs nationaux capables de participer activement à la chaîne de valeur pétrolière.
Cette démarche s’inscrit dans une logique de contenu local, de transfert de compétences et de rééquilibrage progressif du secteur, historiquement dominé par des majors internationales.
Un signal mesuré mais stratégique
Sans bouleverser immédiatement les équilibres du secteur, ce contrat envoie un signal : celui d’un État qui cherche à diversifier ses partenaires, à optimiser ses ressources et à préparer l’après-champs matures.
Dans un secteur où chaque décision s’inscrit dans le temps long, le CEPP signé avec ENIVA Petroleum SA apparaît comme un pari mesuré, mais stratégiquement cohérent.
Jean-Rovys Dabany







