Il avait été choisi pour incarner la rigueur financière et rassurer les marchés. Nommé ministre d’État, ministre de l’Économie et des Finances, le banquier Henri-Claude Oyima a finalement quitté le gouvernement après quelques mois. Retour sur un passage éclair, entre espoirs de réformes et contraintes de la transition.
Par Jean-Rovys Dabany
Le 5 mai 2025, le Gabon fait un choix fort. Henri-Claude Oyima, figure centrale de la finance africaine, est nommé ministre d’État, ministre de l’Économie, des Finances, de la Dette et des Participations, dans le premier gouvernement formé après la prestation de serment du président de transition, Brice Clotaire Oligui Nguéma.
Un signal envoyé aux marchés, aux partenaires techniques et au secteur privé : celui d’un pilotage économique confié à un profil technocratique, rompu aux exigences de rigueur et de gouvernance.
À son arrivée au ministère, le contexte est contraint. Finances publiques sous tension, dette scrutée de près, attentes fortes en matière de transparence et de discipline budgétaire. Henri-Claude Oyima engage alors plusieurs chantiers structurants : rationalisation des dépenses de l’État, renforcement du suivi de la dette publique et volonté de clarification dans la gestion des participations publiques.
Son approche, marquée par la méthode bancaire, vise également à rétablir la confiance avec les partenaires financiers et à renouer le dialogue avec le secteur privé, dans un climat économique fragilisé par des années de déséquilibres.
Mais ce passage au gouvernement sera de courte durée.
Quelques mois après sa nomination, Henri-Claude Oyima quitte finalement l’équipe gouvernementale. Aucune rupture brutale, mais la fin d’une séquence particulière, dans un contexte de transition où les équilibres politiques, économiques et institutionnels restent mouvants.
Son départ referme une parenthèse technocratique, sans pour autant effacer les orientations engagées, ni les débats qu’a suscités sa nomination : la place des profils issus du secteur privé dans la gestion des affaires publiques, et la capacité de l’État à capitaliser sur des expertises venues du monde financier.
Une expérience brève, mais scrutée, dans un Gabon toujours en quête de stabilité économique et de refondation de sa gouvernance.







