À l’occasion du premier Forum ProCom placé sous le thème « la communication au cœur du développement », le ministre de l’Économie Numérique, de la Digitalisation et de l’Innovation Mark Alexandre DOUMBA a dressé un état des lieux sans concession du rôle stratégique de la communication dans un environnement en pleine mutation. Ce 02 Avril, devant un parterre de professionnels des médias et de la communication, il a insisté sur la nécessité d’adapter les pratiques à une réalité démographique et technologique profondément renouvelée.
Jeunesse, numérique et régulation : repenser l’information à l’ère digitale
La jeunesse africaine redéfinit les codes. Avec un âge médian de 19 ans sur le continent, les modes de consommation de l’information évoluent rapidement, au profit des plateformes numériques et des réseaux sociaux. Une transformation qui impose, selon le ministre, une révision des canaux et des formats de diffusion, afin de toucher une audience désormais tournée vers l’instantanéité et le digital. Dans ce contexte, l’essor des technologies numériques bouleverse les équilibres traditionnels de la communication. L’information circule à grande vitesse, échappant de plus en plus aux mécanismes classiques de contrôle. Cette nouvelle donne accroît les risques de désinformation et de dégradation de l’image des institutions, rendant indispensable une gestion rigoureuse du risque réputationnel.
Le membre du gouvernement a également souligné l’importance croissante de la régulation des plateformes numériques, citant les initiatives internationales visant à mieux encadrer les contenus et à protéger les utilisateurs. Une orientation dans laquelle le Gabon s’est déjà engagé, avec l’ambition de suivre les standards internationaux en matière de gouvernance numérique.
Combler le retard numérique : le rôle stratégique des communicants dans le développement
Sur le plan économique, le ministre a mis en lumière le retard du pays dans le développement de l’économie. Alors que ce secteur représente environ 15 % du PIB mondial, il ne pèse encore que 5 % au Gabon. Un écart qui souligne l’urgence d’accélérer la digitalisation des activités, y compris dans les métiers de la communication.
Au-delà des enjeux technologiques, le ministre a rappelé le rôle central des professionnels de la communication dans la valorisation de l’action publique. Il a insisté sur la ضرورة de dépasser la simple diffusion de l’information pour en améliorer la compréhension, en la rendant accessible, structurée et utile aux citoyens.
Crédibilité de l’information et narratif national : renforcer la marque Gabon
Face à la montée en puissance des réseaux sociaux, il a opposé la nécessité d’un journalisme fondé sur la vérification des faits et la pédagogie, estimant que la crédibilité de l’information constitue un pilier essentiel de la cohésion sociale et du développement.
Le discours a également mis en avant un enjeu souvent sous-estimé : celui de la « marque pays ». Selon le ministre, la perception du Gabon à l’international dépend fortement de la manière dont l’information est produite et relayée. Une communication mal maîtrisée peut fragiliser l’attractivité du pays et freiner la mobilisation des investissements.
Dans cette optique, il a appelé à une responsabilisation collective autour de la construction d’un narratif national cohérent, capable de valoriser les atouts du Gabon, notamment dans des secteurs comme le tourisme, encore largement sous-exploité malgré un potentiel reconnu.
Données et communication : leviers de souveraineté et de développement
Le ministre a invité les acteurs du secteur à intégrer davantage la donnée dans leurs pratiques. L’analyse des audiences, des comportements et des impacts des contenus constitue désormais un levier stratégique pour améliorer l’efficacité des politiques de communication.
En filigrane, un message clair : dans un monde marqué par les rivalités géopolitiques et la bataille des perceptions, la communication s’impose comme un outil de souveraineté. Pour le Gabon, l’enjeu est désormais de transformer cet outil en levier de développement économique et d’influence.


