« Former l’excellence pour bâtir le tourisme gabonais de demain » Dans un contexte où le Gabon ambitionne d’accueillir 600 000 touristes d’ici 2029 et de porter la contribution du tourisme à 10 % du PIB à l’horizon 2030, la formation hôtelière apparaît comme un levier stratégique majeur. Dans cet entretien accordé à notre rédaction, Madame Blandine Rita Lebondo Le-Mali MBoumba revient sur la vision, les défis et les ambitions de l’École Supérieure d’Hôtellerie de Libreville.
« Allier standards internationaux et identité gabonaise »
Souvent citée comme une référence nationale, École Supérieure d’Hôtellerie de Libreville (ESHOL) s’inspire des standards internationaux du luxe tout en les adaptant au contexte gabonais.
« Nous intégrons les meilleures pratiques du secteur tout en valorisant le patrimoine culturel, les savoir-faire locaux et l’art de recevoir gabonais. Nos diplômés peuvent évoluer à l’international sans jamais perdre leur identité. »
Cette approche hybride constitue un véritable avantage compétitif dans un secteur où l’authenticité et l’expérience client deviennent déterminantes.
Digitalisation : former des professionnels immédiatement opérationnels
Face à la transformation numérique du secteur hôtelier et touristique, l’ESHOL a revu ses contenus pédagogiques afin de garantir l’employabilité immédiate de ses diplômés.
Les programmes intègrent désormais :
- La maîtrise des outils numériques professionnels (PMS, systèmes de réservation, CRM, gestion de l’e-réputation, marketing digital)
- Le management digital et la gestion d’équipes hybrides
- Le pilotage de la performance et la conduite du changement
- Les soft skills : adaptabilité, communication digitale, intelligence relationnelle
« Notre objectif est clair : réduire le décalage entre la formation et la réalité du terrain. »
Pénurie de personnel qualifié : déficit de formation ou inadéquation ?
Interrogée sur les difficultés rencontrées par les opérateurs touristiques, Madame Lebondo Le-Mali MBoumba évoque une problématique structurelle.
Selon elle, le manque de personnel qualifié résulte à la fois d’un déficit de formation pratique et d’un décalage entre certains contenus pédagogiques et l’évolution rapide du secteur. À cela s’ajoutent des conditions de travail parfois peu attractives, qui compliquent la rétention des talents.
Vision Gabon 2030 : un rôle stratégique pour l’ESHOL
Dans le cadre des ambitions nationales visant à accueillir 600 000 touristes d’ici 2029, l’ESHOL entend jouer un rôle structurant. Ses formations intègrent pleinement les enjeux de l’écotourisme : durabilité, protection de l’environnement, accueil en milieu naturel et valorisation des écosystèmes.
« Excellence hôtelière et respect des écosystèmes doivent avancer ensemble pour positionner le Gabon comme destination durable et compétitive. »
Les défis à moyen et long terme
Pour rester un acteur clé de la formation hôtelière au Gabon et en Afrique centrale, plusieurs défis s’imposent :
- Modernisation continue des infrastructures et équipements
- Renforcement de la compétitivité régionale
- Développement de partenariats pour l’insertion professionnelle
- Accélération de l’internationalisation
- Innovation pédagogique permanente
Madame Lebondo Le-Mali MBoumba plaide également pour un accompagnement institutionnel renforcé : investissements, certifications internationales, partenariats public-privé et promotion de la mobilité académique.
À l’heure de la diversification économique, la formation apparaît comme un pilier stratégique. À travers sa vision et son positionnement, l’ESHOL ambitionne de former les futurs ambassadeurs du tourisme gabonais, capables de transformer un secteur encore marginal en véritable moteur de croissance durable.







