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vendredi, avril 3, 2026
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Afrique : une trajectoire de croissance maintenue malgré un environnement international sous tension

Dans un contexte mondial marqué par des incertitudes persistantes, le continent africain confirme sa capacité de résistance économique. C’est ce qui ressort du dernier rapport sur les perspectives macroéconomiques publié par le Groupe de la Banque africaine de développement, dévoilé fin mars à Abidjan.

Selon cette analyse, l’Afrique continue d’évoluer à un rythme supérieur à la moyenne mondiale. Après une progression du produit intérieur brut réel estimée à 4,2 % en 2025, contre 3,1 % en 2024, la croissance devrait se stabiliser à 4,3 % en 2026 avant d’atteindre 4,5 % en 2027. À titre de comparaison, la croissance mondiale reste nettement en deçà de ces niveaux.

Cette dynamique s’appuie sur des fondamentaux en amélioration. La décrue progressive de l’inflation, une gestion macroéconomique plus rigoureuse et de meilleures performances agricoles ont contribué à soutenir l’activité. En 2025, pas moins de 22 pays africains ont enregistré des taux de croissance supérieurs à 5 %, dont six au-delà de 7 %, illustrant une reprise relativement généralisée.

Des pôles de croissance affirmés, mais des déséquilibres persistants

L’Afrique de l’Est continue de tirer l’expansion continentale avec une croissance moyenne de 6,4 %. Des économies comme l’Éthiopie (9,8 %), le Rwanda (7,5 %) ou encore l’Ouganda (6,4 %) figurent parmi les locomotives régionales.

Autre indicateur notable : 12 des 20 économies les plus dynamiques au monde en 2025 se situent en Afrique, confirmant le positionnement du continent comme zone de croissance stratégique.

Sur le front des prix, l’inflation recule sensiblement, passant de 21,8 % en 2024 à 13,6 % en 2025, avec une tendance baissière attendue à moyen terme. Parallèlement, les investissements directs étrangers ont fortement progressé, atteignant 97 milliards de dollars en 2024, soit une hausse de plus de 75 %.

Les transferts de fonds de la diaspora affichent également une performance solide, s’établissant à 104,6 milliards de dollars (+14 %), devenant la première source de financement extérieur hors endettement, devant les flux de capitaux de portefeuille.

Cependant, la progression du PIB par habitant reste limitée. Après 0,9 % en 2023 et 1,1 % en 2024, elle atteint 1,9 % en 2025, un niveau encore insuffisant pour enclencher une baisse significative de la pauvreté.

Des risques externes à surveiller de près

Lors de la présentation du rapport, le président du Groupe, Sidi Ould Tah, a insisté sur la nécessité pour les économies africaines de s’adapter à un environnement international plus fragmenté, marqué par des tensions commerciales et une contraction des financements extérieurs.

Les incertitudes liées à la situation au Moyen-Orient constituent notamment un facteur de risque. Selon les estimations de l’économiste en chef, Kevin Urama, un prolongement de cette crise au-delà de trois mois pourrait entraîner une réduction de 0,2 point de pourcentage de la croissance africaine en 2026.

Cap sur les réformes structurelles et la mobilisation interne

Face à ces défis, les experts plaident pour un renforcement des politiques économiques internes. La consolidation budgétaire, l’accélération de l’intégration régionale et la diversification des sources de financement apparaissent comme des leviers prioritaires.

Les discussions entre décideurs africains ont notamment mis en avant l’urgence d’améliorer la mobilisation des ressources domestiques, en développant les marchés financiers locaux et en modernisant les administrations fiscales grâce à la digitalisation.

Au-delà des turbulences conjoncturelles, le message central du rapport reste clair : l’Afrique dispose de marges de progression importantes, à condition de maintenir le cap des réformes et de renforcer sa résilience face aux chocs extérieurs.

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