La Commission de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) a annoncé la suspension provisoire de la quasi-totalité de ses activités. La décision, actée par une note circulaire en date du 5 février 2026 et signée par son président Baltasar ENGONGA EDJO’O, intervient dans un contexte de fortes tensions budgétaires.
Une trésorerie sous pression
L’institution communautaire fait face à une dégradation marquée de sa situation de trésorerie, qui ne lui permet plus d’assurer le fonctionnement normal de ses missions administratives et opérationnelles.
En cause, principalement, les difficultés de mobilisation des ressources financières. La CEMAC pointe notamment les retards récurrents dans le versement de la Taxe communautaire d’intégration (TCI) par les États membres, qui constitue sa principale source de financement.
Cette contraction des recettes a conduit l’organisation à adopter des mesures d’urgence visant à limiter ses dépenses.
Activités fortement réduites mais priorités maintenues
Concrètement, plusieurs décisions ont été prises :
• suspension des réunions administratives non essentielles ;
• gel des missions officielles inscrites au budget 2026 ;
• arrêt de la majorité des activités opérationnelles.
Cette mise en veille partielle traduit une volonté de préserver les ressources disponibles en attendant un rééquilibrage financier.
Seules les missions jugées « hautement stratégiques » continueront d’être assurées. Il s’agit notamment des engagements internationaux, des questions liées à la souveraineté monétaire ou encore des obligations institutionnelles vis-à-vis des États membres.
L’objectif est de garantir la continuité des fonctions critiques tout en réduisant au strict minimum les charges de fonctionnement.
Une intégration régionale fragilisée
Au-delà des contraintes internes, cette suspension pourrait peser sur la dynamique d’intégration régionale. Plusieurs chantiers majeurs risquent d’être ralentis, notamment :
• la mise en œuvre des politiques d’intégration économique ;
• la libre circulation des personnes et des biens ;
• les programmes d’infrastructures régionales pilotés par la Commission.
Cette situation met en lumière les fragilités structurelles du mécanisme de financement communautaire et les tensions persistantes entre la Commission et ses États membres.
Vers une réforme du financement ?
Pour de nombreux observateurs, la crise actuelle relance le débat sur la nécessité de sécuriser les ressources propres de la CEMAC et de renforcer la discipline budgétaire des États, en particulier autour de la Taxe communautaire d’intégration.
À défaut de réformes rapides, la capacité opérationnelle de l’institution pourrait rester durablement affectée, avec des répercussions directes sur l’agenda d’intégration sous-régionale.







